Les décisions récentes de l’administration américaine sur les droits de douane ont amené le Fonds monétaire international (FMI) à revoir fortement à la baisse ses perspectives de croissance mondiale. Publié le 22 avril 2025, le dernier rapport des Perspectives de l’économie mondiale fait état d’un recul significatif de ses projections pour 2025 et 2026, conséquence directe de la montée des barrières commerciales.
Des chiffres en baisse
•Monde : la croissance globale est désormais estimée à 2,8 % pour 2025, contre 3,3 % en janvier, puis à 3 % en 2026 (au lieu de 3,3 %)
•ÉtatsUnis : la prévision passe à 1,8 % en 2025, loin des 2,7 % anticipés en début d’année
•Chine : ajustement à 4 % pour 2025 et 2026, soit un retrait de 0,5 point par rapport aux précédentes prévisions
•Zone euro : croissance revue à 0,8 % en 2025 et à 1,2 % en 2026
•Japon : projection abaissée à 0,6 % pour les deux années
Ces nouvelles estimations reflètent l’effet des surtaxes imposées début avril – suspendues pour 90 jours – qui visaient près de 60 pays, ainsi que la crainte des entreprises de voir ces mesures devenir permanentes.
Une ère d’incertitude
Pour PierreOlivier Gourinchas, économiste en chef du FMI, « le système économique mondial, en place depuis 80 ans, est en pleine refonte ». L’incertitude liée aux futures décisions tarifaires pousse les acteurs privés à décaler ou réduire leurs investissements, freinant la vigueur de la reprise post-pandémique.
Aux ÉtatsUnis, le risque de récession a grimpé de 25 % à 37 % pour l’année 2025, d’après le FMI, alors que certaines banques d’affaires – dont JPMorgan – estiment cette probabilité à 60 %. La Réserve fédérale elle-même attend une croissance de seulement 1,7 % pour 2025.
Conséquences régionales différenciées
En Chine, la réduction de la demande extérieure pèse sur les exportations, ce qui se traduit par une contraction de l’activité manufacturière. Dans la zone euro, l’Allemagne prévoit d’accroître ses dépenses publiques pour compenser partiellement le ralentissement, limitant ainsi la baisse à 0,2 point par rapport aux projections de janvier.
Le Japon, moins exposé aux exportations, voit cependant sa reprise bridée par la faiblesse de la consommation intérieure et un taux d’inflation toujours modéré.
Inflation et perspectives
Le FMI anticipe une légère accélération de l’inflation aux ÉtatsUnis, qui pourrait atteindre 3 % d’ici à la fin de l’année, tandis qu’elle devrait rester stable en Chine. Dans les économies avancées, les banques centrales devront donc jongler entre soutien à la croissance et maintien de la stabilité des prix.
Face à ces défis, le FMI appelle les gouvernements à renforcer la coopération multilatérale et à éviter l’escalade protectionniste, faute de quoi la dynamique de croissance mondiale pourrait s’en trouver durablement affaiblie.
La Rédaction

