« L’Eglise catholique « doit avoir honte et demander pardon » pour les violences sexuelles sur mineurs commises par le clergé en Belgique », a déclaré le pape François ce vendredi 27 septembre 2024 à Bruxelles sur fond de fortes attentes des victimes. Il a ajouté « Ceci est notre honte et notre humiliation.
En 2014, Associated Press a exposé, plus de 3400 prêtres sérieusement soupçonnés de violences sexuelles sur les enfants depuis 2004. Seulement 848 ont été l’objet de cette « expulsion », les 2.572 autres ont simplement été isolés : « Ils ont été placés dans un lieu où ils n’ont aucun contact avec les enfants. ». ‘’Comment imaginer qu’un pontificat aussi flamboyant que celui du pape polonais (1978-2005), qui avait héroïquement contribué à ouvrir une ère de liberté et de démocratie en Europe, se termine dans la fange de récits d’abus commis par une poignée de prêtres dévoyés dans des pays modèles de chrétienté’’ a déclaré le site internet Slate.
En France dans le diocèse de Lyon, l’archevêque et cardinal Philippe Barbarin, était accusé par des victimes de n’avoir pas sanctionné et exclu à temps un prêtre notoirement pédophile, en 2016.
En octobre, l’Église sud-africaine a renvoyé trois prêtres pour avoir abusé sexuellement d’enfants dans les paroisses. Depuis 2003, 35 cas d’abus impliquant des prêtres ont été rapportés à l’Église d’Afrique du Sud. Selon un rapport de la CIASE publié le 05 octobre 2021, en France 216 000 personnes ont été victimes d’agressions et de violences sexuelles commises par des clercs ou des religieux catholiques, alors qu’elles étaient mineures, entre 1950 et 2020. Ce nombre grimpe à « 330.000 si l’on ajoute les agresseurs laïcs travaillant dans des institutions de l’Église catholique ».
En 2023, il ressort que 1002 situations d’abus sexuels ont été identifiées jusqu’à présent dans toute la Suisse sur l’ensemble de la période étudiée. On déplore au moins 921 victimes dont 74% de mineurs, 14% d’adultes et 12% de personnes à l’âge non établi. Au total, 510 personnes, presque uniquement des hommes ont commis ces abus. 56% des victimes sont de sexe masculin, 39% de sexe féminin. On ignore le sexe de la victime pour les cas restants. Le deuxième domaine touché par les abus sexuels est celui de la formation et de l’aide sociale. Ainsi, environ 30% des cas se sont déroulés dans des foyers, des écoles et des internats catholiques ou établissements similaires. Les ordres religieux et les communautés nouvelles constituent le troisième domaine avec moins de 2% des cas documentés.
Une vaste enquête des services du procureur de Pennsylvanie avait mis en cause plus de 300 « prêtres prédateurs » et couverts par l’Eglise catholique de l’Etat de Pennsylvanie, ce qui en fait le plus important scandale de l’histoire des États-Unis d’abus sexuels commis sur 1000 enfants dans l’Église catholique en 2018.
Si théoriquement se marier n’est pas un péché. On pourrait se demander si cela ne serait pas bien que le Vatican saute le verrou afin de permettre aux prêtres de se marier. Cette initiative pourrait peut être diminuer considérablement ces abus sexuel commis par les clergés.
Dans une lettre ouverte publiée début septembre par le quotidien, Le Soir, des victimes ont réclamé une parole forte de François, lui demandant d’instaurer un processus de réparation financière, d’organiser une « réflexion de fond » sur le célibat des prêtres et de « renforcer le travail de libération de la parole, qui n’en est en réalité qu’à ses balbutiements ».
La Rédaction

