Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a récemment révélé que près de 300 000 personnes ont disparu dans le monde au cours des cinq dernières années, soit une augmentation de près de 70 % depuis 2019. Cette hausse alarmante est attribuée à la multiplication des conflits armés, aux migrations massives et au non-respect des lois de la guerre.Chaque 30 août est consacrée à la Journée internationale des victimes de disparition forcée, pour sensibiliser sur les cas de personnes dont les proches sont disparus, souvent enlevées par des États ou des groupes armés, avec des violations systématiques de leurs droits humains.Pierre Krennbule, directeur général du CICR, souligne que « ces chiffres ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. Des millions de personnes ont été séparées de leurs proches, du Soudan à l’Ukraine, de la Syrie à la Colombie ».Un bilan inquiétant en 2024Fin 2024, le Réseau des liens familiaux du CICR avait enregistré 284 400 personnes disparues, soit une augmentation de 68 % par rapport à 2019. L’organisation estime que « cette tragédie est évitable » grâce à des mesures visant à protéger les personnes en détention, à éviter la séparation des familles et à gérer correctement les décès pendant les conflits.Les lois internationales de la guerre prévoient que les civils ne soient pas séparés lors des transferts ou évacuations, que les détenus puissent maintenir le contact avec leurs proches, et que la mort des combattants soit communiquée à leur famille.Des situations préoccupantes dans plusieurs paysCertains pays sont particulièrement touchés. Au Venezuela, les disparitions forcées sont utilisées pour réprimer l’opposition et exercer des pressions sur la communauté internationale, selon Amnesty International.Au Mexique, Reporters sans frontières (RSF) et l’ONG Propuesta Cívica ont saisi le Comité des droits de l’homme de l’ONU pour dénoncer la disparition de journalistes. Depuis près de deux décennies, au moins 28 professionnels de l’information ont disparu sans qu’aucune enquête n’éclaire leur sort.Cas récent : Camilo Castro au VenezuelaEn juin 2025, Camilo Castro, professeur de yoga français, a disparu après avoir franchi la frontière vénézuélienne pour renouveler son visa. Il a été localisé seulement après un échange de prisonniers entre le Venezuela et les États-Unis. Des témoins rapportent que Camilo était détenu dans des conditions difficiles, avec un accès limité aux avocats et sans possibilité de communiquer avec sa famille.Le CICR insiste sur la nécessité pour les États de respecter les droits fondamentaux et de renforcer la protection des personnes en détention afin de prévenir de nouvelles disparitions forcées.
La Rédaction

