La Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a annoncé vendredi la construction d’une nouvelle base temporaire dans la région de Tambura. Cette implantation vise à renforcer la sécurité des populations locales, confrontées depuis plusieurs années à des violences intercommunautaires récurrentes.
Une présence accrue pour la protection des civils
« Cela revêt une grande importance, car nous disposons de nombreuses ressources et, en nous positionnant dans cette nouvelle base opérationnelle temporaire, nous pouvons effectuer davantage de patrouilles et d’interventions, et faciliter la médiation et les processus de paix sur le terrain », a expliqué Emmanuel Dukundane, responsable des affaires civiles de la MINUSS.
Depuis 2021, le Grand Tambura est marqué par des affrontements sanglants qui ont causé de nombreuses pertes humaines et poussé des milliers de familles à fuir leurs villages. Beaucoup se sont réfugiés dans les camps de déplacés internes, où les conditions de vie restent précaires.
Un contexte toujours fragile
Pour réduire les risques et sécuriser les zones les plus exposées, les Casques bleus de la MINUSS multiplient les patrouilles motorisées et renforcent leur présence dans la région. Malgré ces efforts, la stabilité reste fragile dans un pays encore marqué par les séquelles de la guerre civile déclenchée après l’indépendance, qui a fait près de 400 000 morts.
Défis économiques et humanitaires persistants
Le Soudan du Sud, riche en pétrole, peine à se reconstruire. La corruption et la dépendance à l’aide internationale entravent les perspectives de relance, tandis que près de 11 millions d’habitants restent exposés à l’insécurité alimentaire. Les restrictions de financements internationaux, notamment après les coupes de l’administration Trump dans l’aide étrangère, ont accentué les difficultés humanitaires.
L’ouverture de cette nouvelle base à Tambura s’inscrit ainsi dans les efforts de la communauté internationale pour soutenir la paix et protéger les civils dans l’un des pays les plus fragiles du continent africain.
La Rédaction

