Le 26 mai 2025, trois jours après l’alerte lancée par le Programme alimentaire mondial (PAM), la situation continue de se détériorer pour des centaines de milliers de réfugiés congolais. Fuyant les violences à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ils trouvent dans les pays voisins des camps surpeuplés, des rations réduites, et une solidarité internationale qui s’épuise.
Un exode massif, une crise oubliée
Depuis janvier, plus de 140 000 Congolais ont fui les combats vers le Burundi, l’Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie. Parmi eux, les femmes, les enfants et les personnes âgées sont les plus exposés. Sans accès à la nourriture, à l’eau potable ou aux soins, leur survie dépend entièrement de l’aide humanitaire.
Le Burundi a accueilli à lui seul 70 000 réfugiés, suivi de près par l’Ouganda avec 60 000 nouveaux arrivants. Mais les ressources manquent. Dans tous ces pays, les rations alimentaires sont réduites, et l’aide monétaire est coupée de moitié. Le PAM met en garde : les distributions cesseront en octobre sans un financement urgent.
L’est de la RDC s’effondre
À l’intérieur même du pays, la faim progresse aussi vite que la violence. À Goma, 660 000 personnes ont été déplacées en cinq mois. Les provinces de l’Est (Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Tanganyika) connaissent une explosion des besoins : 7,9 millions de personnes sont en insécurité alimentaire aiguë, dont 2,3 millions dans une situation extrême.
La région agricole du Grand Nord, autrefois clé pour l’approvisionnement local, est sinistrée. Selon les données du PAM, 90 % des foyers au Nord-Kivu et au Sud-Kivu réduisent leurs repas, consomment des aliments sans valeur nutritive, ou mendient pour subsister.
Des rations coupées malgré l’urgence
La réponse humanitaire s’effondre sous le poids de la crise :
- Au Burundi : l’aide alimentaire est limitée à des demi-rations pour 80 000 réfugiés, dont 25 000 arrivés depuis janvier.
- Au Rwanda : les transferts en espèces ont été réduits de 50 % pour 130 000 réfugiés.
- En Tanzanie : les rations sont passées de 82 % à 65 % en mai, avec une nouvelle coupe à 50 % prévue en juin.
- En Ouganda : malgré des taux de malnutrition aiguë au-delà de 15 %, l’aide ne couvre plus que 630 000 réfugiés, contre 1,6 million auparavant.
Un appel resté lettre morte ?
Le PAM demande 72 millions de dollars pour maintenir l’aide aux réfugiés jusqu’à fin 2025 dans les pays voisins, et 433 millions pour la RDC jusqu’en octobre. En tout, plus d’un demi-milliard de dollars sont nécessaires.
Sans cette aide, des millions de personnes risquent de mourir de faim dans l’indifférence. La RDC et ses voisins se dirigent vers une catastrophe humanitaire à grande échelle, sous les yeux d’un monde distrait.
La Rédaction

