C’est le bras de fer entre le gouvernement de Faye et l’opposition au Sénégal. Le gouvernement Faye-Sonko, n’a le choix que de travailler avec les députés de l’APR, parti politique de Macky Sall, l’ex-président sénégalais.
Afin de mettre en place sa politique, les projets de loi du président Diomaye Faye à cause de la minorité parlementaire de son parti sont refusés par la majorité de l’ancien président. Lundi dernier, une plénière a été organisée en vue d’adopter une réforme constitutionnelle pour supprimer deux institutions dites « budgetivores » par les nouvelles autorités. Elle s’est soldée par un échec, les partisans de l’ex-président Macky Sall ayant fait front pour que le projet de loi soit rejeté. Cela n’empêche quand même pas le président de révoquer les présidents de ces institutions, Aminata Mbengue Ndiaye pour le Haut Conseil des Collectivités Territoriales HCCT et Abdoulaye Daouda Diallo du Conseil Économique Social et Environnemental CESE.
Abdou Mbow, député de l’APR, suggère l’idée de passer à la vitesse supérieure en soumettant une motion de censure afin de faire tomber le gouvernement au motif que « le président n’a pas encore présenté les grandes lignes de son programme devant les députés ».
Au Sénégal, une demande de motion de censure signée par au moins 17 des 165 députés puis déposée à l’assemblée doit être suivie d’une plénière 48 h après, et si la motion est adoptée à la majorité simple, le gouvernement tombe.
Pour bloquer la procédure de motion de censure, le gouvernement a convoqué une session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Le Premier ministre Ousmane Sonko déclare dans une vidéo virale sur le Net : « Je puis vous assurer qu’il n’y aura pas de motion de censure d’ici le 12 septembre et que le 12, s’il plaît à Dieu, ces gens auront autre chose à faire que d’être des députés ».
Selon l’Agence de Presse sénégalaise APS : « En vertu de l’article 84 de la Constitution, l’ouverture de cette session extraordinaire bloque la procédure de motion de censure initiée par le groupe Benno Bokk Yaakaar ». Cet acte court-circuite la motion de censure.
Afin d’éviter la paralysie législative dans le vote de ses lois, et éviter la réussite de la motion de censure, le président initie directement la dissolution de l’Assemblée nationale, ce qui occasionnera des élections législatives anticipées.
Pour que sa décision soit légitime et transparente, l’avis du Conseil constitutionnel a été sollicité afin de déterminer les conditions légales d’une dissolution hâtive du Parlement.
Après analyse, le Conseil confirme la légalité de la dissolution à partir du 12 septembre 2024, puisqu’à cette date, les députés auront atteint les deux premières années de législature, période à laquelle une dissolution peut légalement avoir lieu.
Le 09 septembre 2024, dans une lettre adressée au président de l’Assemblée nationale Amadou Mame Diop, le président de la République en respectant les formes constitutionnelles a exigé une réponse sur la dissolution jusqu’au 11 septembre 2024. La dissolution prendra effet aujourd’hui 12 septembre, mais l’enjeu est de taille : les résultats des élections législatives anticipées feront office de test à la renommée de l’exécutif, ce qui déterminera si oui ou non le nouveau parlement sera majoritairement composé des pro Faye-Sonko ou pas.
Ils seront décisifs pour l’avenir du pays dans le cas où la dissolution puisse se retourner contre l’exécutif et revenir au point de départ. En prenant cette décision, le gouvernement veut prouver sa volonté de faire puisque ses lois se heurtent à un mur formé par les pro Macky Sall et l’empêchent de mettre en œuvre son projet gouvernemental.
La Rédaction

