Alors que le président Faustin-Archange Touadéra a officialisé sa candidature pour un nouveau mandat lors du congrès de son parti, le Mouvement cœurs unis (MCU), l’affiche de la présidentielle du 28 décembre 2025 commence à se dessiner — mais elle reste, pour l’instant, bien mince. Un seul adversaire s’est officiellement déclaré : l’ancien Premier ministre Henri-Marie Dondra, candidat investi depuis mai dernier par le parti Unité républicaine (Unir).
Un duel annoncé, mais fragile
La présence de Dondra face à Touadéra ne suffit pas à garantir un véritable débat démocratique. Bien qu’il reste mesuré dans ses critiques, Dondra cultive ses réseaux et capitalise sur son expérience gouvernementale. Ses relations tendues avec certains proches du président et l’incarcération de deux de ses frères illustrent les tensions profondes entre les deux camps.
Mais au-delà de ce duel potentiel, c’est toute la légitimité du processus électoral qui est mise en question par l’opposition.
Une opposition en quête d’espace
La plateforme BRDC, regroupant plusieurs figures de l’opposition, persiste dans sa demande d’un dialogue politique direct avec le président. Elle dénonce la mainmise du pouvoir sur les institutions chargées d’organiser les élections — notamment l’Autorité nationale des élections (ANE) et le Conseil constitutionnel, jugés partiaux. Résultat : plusieurs candidatures de poids, comme celle d’Anicet-Georges Dologuélé, sont mises en péril par des conditions jugées trop restrictives.
Deux fois candidat malheureux à la présidentielle, Dologuélé prévoit un congrès de son parti URCA en septembre. Il incarne le dilemme de l’opposition : participer à une élection considérée comme verrouillée, ou s’en exclure au risque d’abandonner le terrain à Touadéra. « Nous sommes sous un régime illégitime, mais en même temps, on ne peut pas laisser Touadéra à la tête du pays », confie-t-il, appelant à une pression accrue des partenaires internationaux pour garantir un minimum d’équité.
Vers une présidentielle verrouillée ?
À cinq mois du scrutin, la Centrafrique se dirige vers une présidentielle dominée par le pouvoir en place, avec une opposition désunie, marginalisée par les règles du jeu électoral. Le climat politique reste incertain, et l’issue du scrutin pourrait dépendre autant de la mobilisation des électeurs que de la capacité des partenaires extérieurs à imposer des conditions minimales de transparence.
La Rédaction

