Ils avaient conquis le pouvoir dans un même élan. Quatre ans plus tard, leurs chemins semblent se séparer.
En 2020, l’image d’une junte unie avait impressionné. Assimi Goïta, Sadio Camara, Malick Diaw et Ismaël Wagué incarnaient alors l’espoir d’un redressement national pour un Mali à bout de souffle. Mais derrière l’apparente stabilité, les tensions internes se multiplient.
La montée en puissance du président de transition Assimi Goïta a modifié l’équilibre fragile qui liait les chefs militaires. Progressivement, deux clans se sont dessinés. D’un côté, le camp Goïta, qui vise à prolonger son règne via des élections promises mais sans cesse repoussées. De l’autre, Sadio Camara et Malick Diaw, pour qui le maintien au pouvoir de leur ancien allié soulève de sérieuses réserves.
« Ce n’est plus un secret, confie un ancien officier de l’armée malienne. L’unité de 2020 n’existe plus. » Le divorce politique entre Goïta et ses compagnons d’armes est désormais consommé. Camara, ministre de la Défense, doute ouvertement de la légitimité de Goïta à continuer l’aventure au sommet de l’État. Malick Diaw, président du Conseil national de transition, s’aligne sur cette position, renforçant la fronde interne.
Les décisions unilatérales d’Assimi Goïta, son cercle restreint, et la marginalisation progressive des anciens piliers du coup d’État alimentent les rancœurs. Les rivalités sont devenues si manifestes que certains observateurs craignent une implosion au sein même de l’appareil militaire.
À Bamako, l’inquiétude grandit. Car si les hommes du 18 août 2020 se divisent, qui tiendra alors les rênes d’un Mali toujours confronté à l’insécurité et à une crise économique étouffante ?
L’heure n’est plus aux communiqués rassurants. La junte est face à un choix : s’adapter ou sombrer.
La Rédaction

