Une capitale en crise prolongée
Depuis plusieurs semaines, Nouakchott vit au rythme des coupures. Eau, électricité et internet se font rares, plongeant les habitants dans une situation éprouvante. En ce 27 août 2025, malgré les mesures annoncées par les autorités, les dysfonctionnements persistent et creusent davantage les inégalités sociales.
L’eau : des avancées limitées et inégales
Le ministère de l’Hydraulique a lancé début août un plan d’urgence : distribution alternée, installation de réservoirs dans les zones périphériques et mise en service d’une nouvelle station de filtration des eaux du fleuve Sénégal.
Si certains quartiers du centre voient une amélioration, les périphéries demeurent en grande difficulté. L’approvisionnement reste irrégulier, souvent nocturne et à faible pression. Pour les ménages modestes, la rareté entraîne des dépenses insoutenables pour acheter de l’eau.
L’électricité : un problème structurel
Les délestages se multiplient, parfois plus de six heures d’affilée. Le réseau national souffre d’un déficit de production, d’un sous-investissement chronique et de pertes techniques élevées.
Alors que la Mauritanie dispose d’un fort potentiel solaire et éolien, le retard pris dans la transition énergétique empêche d’assurer une couverture fiable. Le problème reste profond et structurel, sans solution immédiate en vue.
Internet : un retour partiel à la normale
Les coupures d’internet, justifiées pendant les examens pour limiter la fraude, ont cessé à la mi-août. La connexion est revenue progressivement. Toutefois, la récurrence de ces interruptions interroge sur la fiabilité des infrastructures numériques et sur la nécessité d’investissements durables pour sécuriser l’accès.
Des fractures sociales amplifiées
Cette crise met en lumière les inégalités entre quartiers : les familles aisées peuvent contourner les pénuries grâce aux générateurs, aux camions-citernes ou aux services privés, tandis que les populations les plus vulnérables restent exposées aux privations.
Au-delà des coupures, c’est bien la gouvernance des services essentiels qui se trouve questionnée. Garantir un accès équitable et durable à l’eau, à l’électricité et à internet apparaît comme une urgence nationale.
La Rédaction

