L’Afrique de l’Est traverse une période critique où changement climatique, perte de biodiversité et pollution convergent pour mettre en péril la sécurité alimentaire de millions de personnes. Selon les autorités éthiopiennes, cette “triple crise planétaire” transforme la région en laboratoire des urgences environnementales, exigeant une action immédiate et coordonnée.
À Addis-Abeba, Seyoum Mekonnen, ministre éthiopien de la Planification et du Développement, a souligné que les populations locales ne peuvent plus considérer la protection de l’environnement comme un sujet secondaire. Les sécheresses prolongées, les précipitations irrégulières et la dégradation rapide des écosystèmes déplacent des communautés, fragilisent les moyens de subsistance et accroissent la pression sur les économies nationales.
Face à cette situation, l’Éthiopie a mis en place plusieurs initiatives ambitieuses. Le programme Green Legacy, qui a permis de planter plus de 48 milliards d’arbres en sept ans, illustre la volonté du pays de restaurer ses écosystèmes et de renforcer la résilience climatique. Le gouvernement mise également sur la transition énergétique, avec le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne et l’interdiction progressive des véhicules à carburant fossile, pour limiter les émissions et stimuler la mobilité électrique.
Parallèlement, des réformes structurelles visent à sécuriser la production alimentaire et à développer des corridors urbains durables. Le programme YeLemat Tirufat modernise les systèmes alimentaires tout en favorisant une agriculture résiliente face aux aléas climatiques. Selon Mekonnen, ces mesures représentent une stratégie intégrée, combinant adaptation au climat, protection de la biodiversité et développement durable.
L’Éthiopie se positionne également comme un acteur clé sur la scène internationale. L’organisation du Second Africa Climate Summit en 2025 et la prochaine COP32 en 2027 témoignent de son engagement à promouvoir un leadership africain basé sur des solutions concrètes plutôt que sur la victimisation face aux crises climatiques. Cependant, le ministre a alerté sur le déficit de financement climatique mondial et a insisté sur l’urgence d’accélérer les flux financiers vers les pays africains pour soutenir des projets transformateurs et orientés résultats.
Selon Jonky Tenou, coordinateur du GEF pour l’Afrique, l’Afrique de l’Est possède un potentiel environnemental important mais fait face à des défis interconnectés qui traversent les frontières : dégradation des terres, variabilité climatique, pollution et perte de biodiversité. Le renforcement des partenariats régionaux et l’accès à des financements ciblés sont donc essentiels pour répondre efficacement à cette triple menace.
Alors que la région se prépare à affronter des crises environnementales de plus en plus intenses, les initiatives éthiopiennes illustrent une approche proactive, combinant actions locales, projets nationaux et coopération internationale, pour préserver la sécurité alimentaire et protéger les communautés vulnérables.
La Rédaction

