Un rapport récent du think tank International Crisis Group met en lumière les tensions croissantes entre l’Algérie et le Maroc, exacerbées par plusieurs facteurs, dont le retour possible de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Ce contexte pourrait fragiliser davantage un statu quo déjà fragile entre les deux voisins.
Des tensions multiples alimentées par des dynamiques internes et externes
Le rapport identifie quatre facteurs principaux susceptibles de faire monter les tensions : une course à l’armement entre les deux pays, la prolifération de désinformations en ligne, une radicalisation croissante parmi les jeunes du Front Polisario et, enfin, l’incertitude entourant la politique étrangère des États-Unis.
Sous l’administration Biden, Washington a adopté une position ambiguë sur le Sahara occidental. Tout en évitant de revenir sur la reconnaissance par Trump de la souveraineté marocaine sur ce territoire, l’administration actuelle s’est gardée d’en faire une ligne directrice, qualifiant plutôt le plan d’autonomie marocain d’« approche potentielle » plutôt que de solution unique.
Le rôle délicat des États-Unis dans la région
Cette stratégie américaine vise à maintenir un équilibre fragile entre le Maroc et l’Algérie tout en limitant les risques d’escalade. L’intervention de responsables américains, notamment en 2023, s’est concentrée sur des appels au calme auprès des deux parties. Joshua Harris, secrétaire d’État adjoint, a notamment exhorté les acteurs impliqués à dialoguer avec l’envoyé spécial de l’ONU, Staffan de Mistura. Ces efforts ont permis de désamorcer temporairement certaines crises, comme le blocus imposé par le Polisario aux postes de la MINURSO.
Cependant, l’éventuel retour de Donald Trump pourrait modifier cette dynamique. Une politique plus ouvertement alignée sur le Maroc, ou un désengagement de la MINURSO, risquerait de raviver les tensions avec l’Algérie et le Polisario, laissant le conflit sans médiation efficace.
L’Europe appelée à jouer un rôle central
Dans ce contexte d’incertitude, le rapport appelle l’Union européenne à renforcer son rôle dans la région. Un groupe de contact ou un mécanisme de coordination pourrait être créé pour apaiser les tensions et prévenir toute escalade. Une approche équilibrée et proactive de l’Europe pourrait compenser un éventuel retrait américain ou une politique unilatérale sous une nouvelle administration Trump.
Les années à venir pourraient s’avérer décisives pour stabiliser une région où les antagonismes, amplifiés par des rivalités historiques, nécessitent des efforts continus de médiation internationale.
La Rédaction

