Les candidats à l’élection présidentielle gabonaise du 12 avril peuvent déposer leur dossier dès ce jeudi 27 février. Cette échéance cruciale marque un tournant dans l’histoire politique du pays après le coup d’État d’août 2023.
Un scrutin historique après la transition militaire
Le processus électoral s’accélère au Gabon. Dès ce jeudi 27 février et jusqu’au 8 mars, les candidats à l’élection présidentielle peuvent soumettre leur dossier auprès du ministère de l’Intérieur. Ce scrutin, prévu pour le 12 avril 2025, sera le premier depuis le renversement du régime Bongo lors du coup d’État du 30 août 2023. Les électeurs gabonais se rendront aux urnes dans un cadre institutionnel profondément renouvelé, suite à l’adoption par référendum de la nouvelle Constitution le 16 novembre dernier. Cette refonte constitutionnelle a instauré des règles inédites pour la compétition politique.
Des conditions d’éligibilité renforcées et innovantes
La nouvelle Constitution impose des critères stricts aux prétendants à la magistrature suprême : Âge requis entre 35 et 70 ans, résidence ininterrompue au Gabon depuis au moins trois ans, abandon de toute autre nationalité au minimum trois ans avant le scrutin, et nouveauté majeure, maîtrise obligatoire d’une langue locale gabonaise. Le processus de vérification comprend un examen linguistique et un contrôle médical approfondi. Chaque candidature doit également être accompagnée d’une caution substantielle de 30 millions de francs CFA (environ 48 000 dollars), non remboursable pour les candidats obtenant moins de 5% des suffrages.
Une diversité de candidats déjà annoncés
Plusieurs personnalités ont déjà manifesté leur intention de participer à cette élection, reflétant une diversité de parcours et de sensibilités politiques : Daniel Mengara, figure emblématique de l’opposition en exil pendant le régime Bongo, Gninga Chaning, femme d’affaires et défenseuse d’un nouveau modèle économique, Marion Minstsa, ingénieure prônant la modernisation des infrastructures, Joseph Essingone, haut fonctionnaire et expert en administration publique, Steeve Ilahou, président du mouvement citoyen Gabon en Action, et Marc-Ulrich Malekou, journaliste et analyste politique. Parallèlement, l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie By Nze multiplie les déplacements à travers le pays, laissant présager une candidature imminente malgré l’absence d’annonce officielle.
L’incertitude Oligui Nguema : clé de voûte du scrutin
La grande inconnue reste la position du général Brice Oligui Nguema, actuel président de la transition. Sa décision de se présenter ou non pourrait redessiner complètement le paysage électoral. Le nouveau code électoral ouvre cette possibilité aux militaires, sous condition de démission ou de mise en disponibilité préalable. Les observateurs politiques soulignent que cette décision constituera un test décisif pour la crédibilité du processus de transition démocratique engagé depuis 18 mois.
Une campagne décisive pour l’avenir du Gabon
La campagne électorale officielle débutera le 29 mars dans un contexte de grande attente populaire. Après plus de cinq décennies de gouvernance par la dynastie Bongo, les Gabonais aspirent à un renouveau politique authentique. Cette élection sera scrutée avec attention par la communauté internationale, particulièrement les institutions régionales africaines, pour évaluer la qualité de la transition démocratique dans ce pays stratégique d’Afrique centrale, riche en ressources naturelles.
La Rédaction

