Une réforme constitutionnelle en phase exploratoire
Le gouvernement mauricien ouvre la porte à une réflexion sur le mode de désignation du président de la République, avec l’étude possible d’un collège électoral dans le cadre des travaux d’une future commission de révision constitutionnelle.
Cette proposition figure dans un amendement intégré au projet de loi sur la Constitutional Review Commission, présenté au Parlement sous l’égide du Premier ministre Navin Ramgoolam.
Une question de légitimité institutionnelle au cœur du débat
L’exécutif présente cette piste comme un moyen de renforcer la légitimité et la lisibilité du rôle présidentiel dans l’architecture institutionnelle mauricienne.
Actuellement, l’Île Maurice fonctionne sur un modèle parlementaire hérité du système de Westminster, dans lequel le président de la République exerce des fonctions essentiellement honorifiques, tandis que le pouvoir exécutif revient au gouvernement.
Une réflexion qui dépasse la seule procédure élective
Au-delà du mécanisme de désignation, la proposition relance une interrogation plus large sur la place du président dans l’équilibre des pouvoirs.
La création d’un collège électoral impliquerait une évolution du mode de sélection sans basculer immédiatement vers une élection au suffrage universel direct, ce qui maintient le débat dans une zone intermédiaire entre continuité institutionnelle et ajustement du système.
Un retour des tensions autour des réformes constitutionnelles
Cette initiative ravive des discussions anciennes sur la réforme de la Constitution de 1968, régulièrement réactivées dans le débat politique mauricien.
Le précédent le plus marquant remonte à 2014, lorsque le projet de « Deuxième République » avait ouvert la voie à une refonte plus profonde des institutions, avant d’être abandonné à la suite des élections générales.
Une ligne de fracture toujours présente dans le débat juridique
À l’époque, plusieurs voix issues du milieu juridique avaient mis en garde contre une transformation jugée trop radicale du système politique.
Certains constitutionnalistes estimaient qu’un changement de nature du régime aurait nécessité un processus référendaire, en raison de la place centrale du modèle parlementaire dans l’équilibre institutionnel du pays.
Une réforme encore au stade politique
Pour l’heure, la proposition du collège électoral reste intégrée à une phase de réflexion institutionnelle et devra être examinée par la future commission de révision constitutionnelle.
Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation du cadre légal mauricien, sans calendrier de mise en œuvre défini à ce stade.
La Rédaction

