Casablanca et Nouakchott tracent une nouvelle ligne dans le ciel africain. En scellant, ce vendredi à Casablanca, un accord stratégique, Royal Air Maroc et Mauritania Airlines s’engagent dans une coopération inédite qui dépasse le partage de sièges pour dessiner un espace aérien plus intégré. Liaisons africaines : une route, deux compagnies, un même horizon — telle pourrait être la devise de cette alliance qui incarne une volonté partagée d’inscrire la mobilité au cœur de la diplomatie Sud-Sud.
Ce partenariat repose sur deux piliers : un Mémorandum d’entente (MoU) et un accord de partage de codes en « free flow » sur la ligne directe reliant Casablanca à Nouakchott. Une ligne stratégique, aujourd’hui renforcée : RAM passera de sept à neuf vols hebdomadaires, et Mauritania Airlines portera également sa desserte à neuf fréquences par semaine. Au total, dix-huit liaisons directes viendront désormais relier les deux capitales, accélérant les échanges économiques, culturels et humains.
Mais cette entente dépasse la simple logique de desserte. En élargissant leur coopération à quatre nouvelles destinations — Paris, Madrid, Dubaï et Luanda — les deux compagnies tissent ensemble un réseau qui fait du hub de Casablanca une plateforme de correspondance incontournable vers l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique subsaharienne. Une façon concrète de redonner au continent une architecture de transport plus fluide et plus indépendante.
« Il s’agit d’une première entre nos deux compagnies, portée par l’ambition d’offrir un produit de qualité et une connectivité optimisée », a déclaré Hamid Addou, PDG de Royal Air Maroc. De son côté, Ahmed Salem Mohamed Vall Ammi, directeur général de Mauritania Airlines, salue une avancée décisive : « Cet accord élargit les possibilités de voyage entre la Mauritanie et le Maroc, tout en garantissant une expérience fluide pour nos passagers. »
La portée de cet accord est aussi technique et organisationnelle. Formation des personnels, maintenance, services au sol, digitalisation des procédures : les deux compagnies entendent mutualiser leurs savoir-faire pour gagner en efficacité et en compétitivité. Dans un contexte où les compagnies africaines peinent souvent à rivaliser avec les géants étrangers, cette stratégie d’alliances régionales constitue une réponse pragmatique aux défis de la mondialisation.
Plus qu’un partenariat aérien, c’est une vision politique qui se dessine : celle d’une Afrique interconnectée, où les capitales se rapprochent et où les frontières cessent d’être des freins à la circulation des idées, des biens et des personnes. Casablanca et Nouakchott prennent ainsi le pari du ciel pour consolider leurs liens terrestres.
La Rédaction

