Les 22 et 23 avril 2025, le président John Dramani Mahama accueillera à Accra une réunion extraordinaire du Conseil des ministres de la Cédéao, consacrée au retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Fait inédit, les chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont été officiellement invités à y participer, en tant qu’hôtes spéciaux. Une invitation, non contraignante, transmise directement par Mahama à l’issue de sa tournée dans les trois capitales sahéliennes.
Une initiative diplomatique personnelle
Du 7 au 10 mars, le président ghanéen s’est rendu à Bamako, Ouagadougou puis Niamey, pour rencontrer les dirigeants de la transition. Il y a défendu l’idée de relations « bien décentes » entre la Cédéao et l’AES, tout en signant plusieurs accords bilatéraux sur l’énergie, les infrastructures et la sécurité. Cette tournée a posé les bases d’une médiation qu’il poursuit désormais à travers l’organisation de cette réunion régionale.
Dans la foulée, fin mars, Mahama s’est entretenu à Abuja avec le président nigérian Bola Ahmed Tinubu, président en exercice de la Cédéao. C’est à la suite de cette étape que la proposition d’un format élargi, incluant les dirigeants sahéliens, a été validée.
Une réunion à fort enjeu politique
Les discussions prévues à Accra rassembleront les ministres des Affaires étrangères et des Finances de la Cédéao, le président de la Commission, Bola Tinubu, ainsi que des partenaires régionaux et internationaux. L’objectif : analyser les conséquences du retrait des trois pays et élaborer un rapport stratégique à soumettre au prochain sommet des chefs d’État.
La présence des dirigeants de l’AES marquerait un signal d’ouverture, après la rupture officialisée en janvier. Leur absence, en revanche, renforcerait le clivage entre la Cédéao et la Confédération sahélienne, dans un contexte de tensions régionales croissantes.
Accra, dernier pont entre deux blocs ?
En tendant la main sans imposer de conditions, le Ghana joue un rôle de médiateur volontaire, loin des postures de confrontation. À travers cette réunion, Mahama tente de sauver l’idée d’un espace ouest-africain coopératif, au moment où les logiques de repli et de rivalité dominent.
Les 22 et 23 avril pourraient sceller un retour au dialogue ou consacrer une rupture durable. Le choix reviendra aux dirigeants sahéliens.
La Rédaction

