Du 25 novembre au 1er décembre 2024, la capitale malienne accueille la première édition de la Semaine internationale de l’artisanat touareg. Cet événement, organisé par l’association Timidwa, se déroule au jardin du Musée national du Mali et réunit des artisans des pays de l’Alliance des États du Sahel : Mali, Burkina Faso, et Niger. Il est conçu comme un carrefour de cultures, où traditions et innovations artisanales se mêlent pour offrir aux visiteurs un aperçu de la richesse des savoir-faire touaregs.
L’objectif de cette semaine dédiée à l’artisanat touareg est multiple : promouvoir le patrimoine culturel, encourager les échanges entre les pays du Sahel, et créer un espace d’expression pour les artisans. Le thème central de cette édition est « L’artisanat touareg, vecteur de paix et de réconciliation dans les pays de l’AES », un message de solidarité et de résilience en réponse aux défis de la région.
Le Burkina Faso et le Niger, invités d’honneur, présentent des objets artisanaux caractéristiques de leur culture. Issaka Salissou, un artisan nigérien, expose des produits tels que des poufs, des tapis en cuir, des calebasses et des nattes traditionnelles, des articles imprégnés de symbolisme touareg. Il invite les peuples de l’AES à soutenir cette initiative, soulignant que l’artisanat est bien plus qu’un simple produit ; il incarne l’âme et la beauté des cultures sahéliennes.
Pour Sékou Diakité, un artisan malien présent à l’événement, cette rencontre est une opportunité précieuse pour les artisans du sud de se nourrir de l’expérience des confrères du nord. Cette interaction contribue non seulement à la préservation des traditions, mais aussi à la construction de liens plus forts entre les peuples du Sahel.
L’artisanat a toujours occupé une place essentielle dans les sociétés du désert, comme le révèle une étude récente du gouvernement malien. Selon cette étude, le secteur représente entre 11 et 13 % du produit national brut du pays et contribue pour 24 % à la valeur ajoutée nationale. Au-delà de ses retombées économiques, l’artisanat offre à de nombreux maliens un sentiment d’utilité sociale, en permettant à chacun, du maître artisan à l’apprenti, de subvenir à ses besoins et de contribuer au bien-être de sa famille.
Les organisateurs de cet événement voient également dans l’artisanat un levier pour la paix et la cohésion sociale. Selon Mohamed Ag Habo El Blanco, membre du comité d’organisation, des initiatives comme celle-ci permettent de rassembler les communautés autour de ce qui les unit, à savoir leur culture partagée et leur espoir commun pour un Mali en paix.
La Rédaction

