Dans les pays du Sahel (AES), les espoirs suscités par les coups d’État militaires se heurtent à une réalité inquiétante. Une montée en puissance du djihadisme, les régimes militaires venus au pouvoir en dénonçant les failles sécuritaires de leurs prédécesseurs, se retrouvent eux-mêmes dépassés par la menace croissante.
L’insécurité grandissante sous les régimes militaires
Les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso, et du Niger, ont justifié leurs putschs par la nécessité de rétablir la sécurité. L’idée était de mettre un terme aux violences djihadistes qui déstabilisaient leurs territoires. Cependant, la situation ne s’est pas améliorée. Au contraire, ces derniers mois, l’insécurité s’est intensifiée. Des groupes djihadistes, notamment ceux liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, continuent d’étendre leur influence.
Des djihadistes ont mené un raid audacieux en plein cœur de Bamako, la capitale du Mali. Ils ont pris pour cible une école de gendarmerie et la base aérienne située près de l’aéroport international. Malgré leur infiltration dans des zones stratégiques de la ville, les autorités maliennes ont gardé un silence pesant, cherchant à minimiser l’impact de l’attaque. Le bilan reste incertain, laissant planer des doutes sur la capacité de la junte à protéger même la capitale.
Les limites des régimes militaires face à la complexité du terrain
L’alliance formée entre le Mali, le Burkina Faso, et le Niger devait symboliser une résistance coordonnée contre le djihadisme. Pourtant, cet engagement commun ne semble pas inverser la tendance. Si la posture nationaliste de ces régimes trouve un écho chez une partie de la population, les faits sur le terrain parlent d’eux-mêmes : le djihadisme progresse, et la capacité des armées locales à contenir cette menace est mise en doute.
L’insécurité s’est étendue bien au-delà des zones rurales déjà affectées, atteignant désormais des zones considérées comme plus sûres, y compris des capitales. Les attaques, autrefois sporadiques et concentrées dans les zones frontalières, se font plus audacieuses et plus fréquentes. Ces frappes témoignent de la réorganisation des groupes djihadistes qui exploitent les faiblesses des régimes militaires.
Les promesses non tenues et l’effondrement des espoirs
Ces coups d’État avaient promis de résoudre les problèmes sécuritaires, mais les faits révèlent l’inverse. Si les militaires au pouvoir ont dénoncé l’inefficacité des anciens régimes civils, ils se trouvent aujourd’hui face à une explosion des violences. Leurs promesses de paix et de sécurité s’éloignent à mesure que les conflits s’enveniment.
La situation interroge : peut-on parler d’échec des juntes militaires ? La réponse est complexe. D’un côté, elles n’ont pas réussi à enrayer l’expansion djihadiste. De l’autre, elles se battent contre des ennemis qui se réorganisent sans cesse, profitant du vide politique et du manque de coordination internationale.
Au-delà des résultats immédiats, la question de la stabilité à long terme reste cruciale. Ces régimes parviendront-ils à maintenir le pouvoir dans un contexte de violences croissantes ?
La Rédaction

