Le gouvernement burkinabè a instauré une « immersion patriotique obligatoire » pour tous les élèves admis aux examens scolaires, à commencer par les nouveaux bacheliers. L’objectif annoncé : forger une jeunesse « consciente, disciplinée et engagée » dans la construction nationale, à travers une formation à la fois civique, théorique et physique.
Une étape imposée avant l’université
À partir de cette année, tout élève ayant réussi son baccalauréat devra suivre cette immersion, sous peine de poursuites judiciaires. Le certificat obtenu à l’issue du programme deviendra un document indispensable pour toute inscription à l’université. Une manière, selon les autorités, d’ancrer les valeurs nationales au cœur de la jeunesse scolarisée.
« Ni punition, ni formation militaire »
Face aux critiques et interrogations, le ministre de l’Enseignement secondaire, Boubakar Savadogo, a tenté de rassurer. Devant un amphithéâtre plein à Ouagadougou, il a affirmé que cette immersion n’était « ni une punition, ni une formation militaire ». Et elle ne conduira pas non plus « directement » à devenir Volontaire pour la défense de la patrie (VDP), souvent envoyé sur le terrain dans le contexte sécuritaire tendu du pays.
Un programme idéologique assumé
Concrètement, les nouveaux bacheliers recevront une formation théorique sur la Nation, le vivre-ensemble, les valeurs civiques et les relations internationales, ainsi qu’un entraînement physique. L’ensemble doit permettre d’« inculquer des comportements favorables au développement », tout en familiarisant les jeunes avec les « choix idéologiques » du Burkina Faso, selon les mots du ministre.
Cette orientation idéologique se veut claire : les élèves devront « comprendre, s’inspirer et défendre » ces choix, et apprendre à se prémunir contre les fausses informations. Un positionnement qui s’inscrit dans la dynamique impulsée par le capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’État, qui multiplie les références à la souveraineté, à l’engagement national et à la lutte contre l’influence étrangère.
Un certificat et une obligation judiciaire
L’obtention du certificat à la fin de l’immersion ne sera pas seulement symbolique : il conditionnera l’entrée à l’université. Le gouvernement prévient que toute tentative de contournement ou de refus entraînera des poursuites judiciaires. Une mesure qui soulève déjà de nombreuses interrogations au sein de la société civile.
Si cette phase pilote concerne uniquement les nouveaux bacheliers, elle pourrait rapidement s’élargir à d’autres niveaux du système éducatif. Le Burkina Faso semble ainsi dessiner les contours d’un nouveau pacte éducatif à forte teneur idéologique, dans un contexte national de plus en plus marqué par l’exaltation du patriotisme.
La Rédaction

