La confédération des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger, a annoncé une mesure inattendue : l’ouverture de ses frontières aux citoyens des pays membres de la Cédéao.
Dans une déclaration signée par le Général Assimi Goïta, président malien et leader actuel de l’AES, il est précisé que les ressortissants de la Cédéao peuvent désormais circuler, résider et s’établir librement dans les territoires des trois États. Les véhicules immatriculés dans l’espace Cédéao bénéficieront également de ces nouvelles dispositions. Cependant, chaque pays de la Confédération conserve le droit de refuser l’accès à toute personne jugée « indésirable ».
Un geste conciliant malgré les tensions
Cette annonce intervient dans un contexte où les relations entre l’AES et la Cédéao restent tendues. Lors du sommet d’Abuja, les discussions ont été marquées par des divergences profondes. Les trois États sahéliens ont réaffirmé leur volonté de quitter définitivement l’organisation régionale, tout en mettant en avant des projets d’intégration propre à leur Confédération. À Niamey, leurs ministres des Affaires étrangères avaient déjà acté l’harmonisation des documents d’identité et de voyage.
Face à cette rupture annoncée, la Cédéao s’efforce de préserver l’unité régionale. Son président, Bola Ahmed Tinubu, a rappelé l’importance de la coopération et exhorté les trois États à reconsidérer leur position.
Une stratégie affirmée
Avec cette ouverture des frontières, l’AES affiche une volonté de ne pas isoler ses voisins tout en consolidant son projet indépendant. Ce choix stratégique traduit une double ambition : proposer une alternative au modèle de la Cédéao et maintenir des liens avec les populations des pays membres.
Si la décision se veut inclusive, elle reste teintée de fermeté : les États du Sahel entendent tracer leur propre voie tout en gardant un contrôle strict sur les mouvements transfrontaliers.
La Rédaction

