Dans un rapport diffusé le 25 septembre 2024, la Cour des Comptes européenne souligne des lacunes majeures dans l’administration des fonds d’aide au développement destinés à l’Afrique. Les critiques portent sur des projets mal orientés, des dépenses inutiles et un manque de transparence.
Contexte et objectifs du fonds fiduciaire d’urgence (FFU) pour l’Afrique
Créé en octobre 2015 en réponse à la crise migratoire, le Fonds Fiduciaire d’Urgence (FFU) vise à traiter les causes profondes de l’instabilité, des déplacements de populations et de la migration irrégulière en Afrique. Ciblant trois régions — le Sahel et le lac Tchad, la Corne de l’Afrique et l’Afrique du Nord — le FFU couvre 27 pays et bénéficie d’un budget de 5 milliards d’euros. Ses objectifs incluent l’amélioration de la stabilité, la gestion des migrations, le renforcement des perspectives économiques et la résilience des communautés vulnérables.
État de la mise en œuvre et problèmes identifiés
À la fin de 2023, 4,5 milliards d’euros avaient été engagés, et bien que certains objectifs initiaux aient été atteints, le rapport indique une difficulté à évaluer l’impact réel de ces projets, notamment sur le long terme. Un audit précédent, réalisé en 2018, avait déjà mis en lumière des problèmes similaires concernant le ciblage des projets.
Dans son rapport spécial 17/2024, la Cour a noté que, malgré les efforts pour mieux cibler le soutien, celui-ci reste insuffisamment aligné sur les priorités définies. Les résultats rapportés manquent d’exactitude et de durabilité, et il existe des lacunes dans les procédures de suivi concernant les violations des droits de l’homme.
Recommandations de la cour des comptes
La Cour des Comptes européenne a formulé plusieurs recommandations pour améliorer l’efficacité du FFU. Il est essentiel d’optimiser le ciblage des projets en révisant les critères de sélection afin de garantir qu’ils répondent aux véritables besoins des bénéficiaires. De plus, il est crucial de renforcer les évaluations de performance et d’améliorer les méthodes de suivi pour évaluer avec précision l’impact des projets financés.
Il est également important d’établir des protocoles relatifs aux droits de l’homme pour s’assurer que les projets respectent et promeuvent ces droits, tout en intégrant des mécanismes de contrôle appropriés. Enfin, un accroissement de la transparence est nécessaire, en exigeant des rapports détaillés sur les résultats et les dépenses des projets, afin de renforcer la responsabilité envers les parties prenantes.
Ces recommandations visent à renforcer la gestion des fonds européens et à s’assurer qu’ils soient utilisés de manière efficace et responsable pour soutenir le développement en Afrique.
La Rédaction

