Au Ghana, comme dans de nombreux pays africains, l’accès aux soins de maternité reste un défi majeur malgré les réformes de santé entreprises.
Depuis 2008, le gouvernement a instauré un programme de soins de maternité gratuits dans le cadre du régime national d’assurance maladie, mais cette promesse de gratuité se heurte à une réalité économique difficile pour de nombreuses familles. En dépit de l’amélioration du taux de mortalité maternelle, avec 263 décès pour 100 000 naissances, l’Afrique subsaharienne continue de concentrer environ 70 % des décès mondiaux liés à la grossesse et à l’accouchement.
Une étude récente menée dans les régions d’Ashanti et du Haut-Ghana Occidental a révélé que plus de 32 % des foyers consacrent plus de 10 % de leurs dépenses annuelles aux soins de santé maternelle. Ces frais incluent les consultations prénatales, l’accouchement et les soins postnatals, et mettent une pression considérable sur les ressources familiales, affectant leur capacité à subvenir à des besoins essentiels comme la nourriture ou le logement. Dans certains cas, ces coûts élevés forcent les mères à renoncer à des soins médicaux vitaux.
Les données ont été collectées auprès de 414 mères interrogées dans des hôpitaux publics et privés. Le contraste entre les régions d’Ashanti, plus urbanisée et prospère, et le Haut-Ghana Occidental, une des zones les plus pauvres, a permis de mieux comprendre les disparités d’accès aux soins. Bien que 97 % des mères aient payé pour des soins prénatals, 65 % pour l’accouchement et 22 % pour les soins postnatals, cette situation soulève de graves interrogations sur l’efficacité du programme de soins gratuits.
Les paiements informels sont souvent imposés en raison des retards dans le remboursement des établissements de santé, des pénuries de fournitures et d’un manque d’information sur les services réellement couverts. Il est aussi frappant de constater que les frais non médicaux, tels que les gants, le transport, la nourriture et l’hébergement, représentent 58 % des dépenses totales. En moyenne, les mères dépensent environ 109,30 dollars pour leurs soins de santé maternelle, une somme qui dépasse 10 % du budget familial pour 32 % des participantes.
Pour garantir un véritable accès universel aux soins maternels au Ghana, des mesures urgentes doivent être prises. Cela inclut la réduction des retards de remboursement aux établissements de santé, l’amélioration de l’approvisionnement en fournitures essentielles, et l’élargissement des prestations couvertes par l’assurance, notamment pour le transport des patientes. Ces actions sont cruciales pour protéger la santé des mères et prévenir les conséquences financières dévastatrices des accouchements.
La Rédaction

