Avec ses 47 000 kilomètres de côtes et 38 États bordés par des mers et des océans, l’Afrique possède une richesse maritime colossale. Pourtant, cette force naturelle, pourtant vitale pour l’avenir du continent, reste largement sous-exploitée. Si plus de 90 % des échanges commerciaux africains passent déjà par la mer, l’économie bleue peine encore à se structurer comme un moteur de développement à part entière.
Une richesse marine aux potentialités immenses
L’économie bleue recouvre toutes les activités liées aux milieux aquatiques : pêche, aquaculture, transport maritime, énergies marines renouvelables, tourisme côtier, biotechnologies marines, sans oublier la préservation des écosystèmes. Chacun de ces secteurs est porteur d’emplois, de revenus, et d’innovation, à condition qu’ils soient pensés dans une logique de durabilité.
Selon les estimations de la Banque africaine de développement, l’économie bleue pourrait générer plusieurs millions d’emplois directs et indirects sur le continent si elle était pleinement mobilisée. Mais en l’état, de nombreux pays côtiers ne disposent pas encore des infrastructures, ni des stratégies de gouvernance maritime nécessaires pour transformer leur accès à la mer en levier économique durable.
Des freins persistants, mais des initiatives prometteuses
La pollution marine, la surpêche, la piraterie ou encore les conflits d’usage freinent l’essor du secteur. De plus, le manque d’investissements ciblés dans les infrastructures portuaires et les technologies marines freine l’industrialisation de nombreuses filières.
Cependant, quelques signaux positifs se dessinent. Le port de Lomé, au Togo, figure aujourd’hui parmi les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest, bénéficiant d’équipements modernes et d’un positionnement stratégique. D’autres pays comme le Kenya, les Seychelles ou Maurice s’investissent dans la pêche durable et l’écotourisme marin avec des résultats encourageants.
Par ailleurs, l’Union africaine a adopté une stratégie maritime intégrée à l’horizon 2050, incitant les États membres à mieux coordonner leurs politiques maritimes, renforcer la sécurité en mer et promouvoir les investissements dans l’économie bleue.
Une stratégie bleue pour l’Afrique de demain
Face à la pression croissante sur les ressources terrestres, l’Afrique n’a d’autre choix que de se tourner vers ses vastes espaces maritimes pour construire une croissance plus inclusive, plus verte et plus résiliente. Cela implique de repenser la formation des jeunes dans les métiers liés à la mer, de développer une véritable diplomatie maritime régionale, et de protéger les zones côtières contre les effets du changement climatique.
L’Afrique est en réalité un continent aussi maritime que terrestre. Il est temps qu’elle révèle ce visage trop longtemps négligé, et qu’elle transforme ses océans en alliés durables du développement.
La Rédaction

