L’adjointe au Maire de la commune de Bamenda II dans la région du nord-ouest du Cameroun a été enlevée puis assassinée après avoir participé à la projection publique d’un documentaire sur les réalisations du président Paul Biya, âgé de 91 ans, depuis son entrée en fonction il y a près de 42 ans. Une projection qui a été organisée par le parti au pouvoir le Samedi 26 octobre 2024.
Le corps sans vie de Frida Joko a été retrouvé aux premières heures de ce lundi 28 Octobre, dans le quartier Nchoubo à Bamenda, au Nord-Ouest du Cameroun. La deuxième adjointe au maire de la commune de Bamenda II a été enlevée à son domicile samedi. Selon des témoins, vers 17h30 heures locales, Frida a été emmenée de force par des hommes armés non identifiés.
Le préfet du département de la Mezam, Simon Émile Mooh, dénonce « les dérives barbares » des « terroristes armés », la formule employée par les autorités pour qualifier les groupes séparatistes anglophones actifs dans la région. ‘’ je condamne fermement cette atrocité commise à l’encontre d’une civile non armée, une dame courageuse qui servait sa communauté et son pays avec beaucoup de patriotisme et de dévouement’’ a-t-il dénoncé dans un communiqué. Fon Nsok, figure de la société civile locale, déplore ce nouvel acte, « Rien ne justifie qu’on tue pour une différence d’opinion. Nous devons tous redéfinir ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. »
Les séparatistes anglophones sont connus pour attaquer et kidnapper les personnes qui participent à des événements publics organisés par le gouvernement et ses partisans. Après le succès de la projection du documentaire de Paul Biya dans d’autres régions du pays, les sécessionnistes du Nord-Ouest avaient mis en garde contre l’organisation ou la participation à l’événement à Bamenda.
Le 20 mai 2024, alors que le pays célébrait la 52e édition de la fête de l’unité, c’est Show Ayaba, l’un des leaders des groupes séparatistes actifs dans la région, qui a annoncé sur le réseau social X, l’assassinat du maire de Bello, une localité située à une trentaine de kilomètres de Bamenda. Les deux adjoints au maire ont également péri dans l’attaque, a-t-il précisé. Les Séparatistes avaient également interdit aux populations de participer à cette célébration.
À ce jour, plus de 6 000 personnes ont perdu la vie et près d’un million d’autres ont été déplacées en raison des combats entre les forces gouvernementales et les combattants séparatistes qui cherchent à créer un État sécessionniste appelé « Ambazonia ».
La Rédaction

