Le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), projet emblématique de la modernisation du pays, approche de son achèvement. Selon le gouvernement, les travaux sont désormais finalisés à 98,66 %, avec six unités de production déjà opérationnelles. L’inauguration officielle est attendue d’ici six mois.
Un chantier colossal pour transformer l’avenir énergétique de l’Éthiopie
L’annonce a été faite lors de la session d’évaluation des performances gouvernementales pour l’exercice 2024-2025. Véritable pivot de la stratégie énergétique d’Addis-Abeba, le GERD est conçu pour fournir 5 150 mégawatts et générer 15 760 GWh par an une fois pleinement fonctionnel.
Ce mégaprojet, lancé en avril 2011 sur le Nil Bleu, s’inscrit dans la volonté éthiopienne d’assurer son autosuffisance énergétique, de réduire les coûts d’importation et de devenir un fournisseur régional d’électricité. Il est également présenté comme un effort collectif, autofinancé par les citoyens et les institutions du pays, sans recours aux bailleurs internationaux.
Tensions régionales autour d’un fleuve vital
Mais derrière ce projet de développement se cache un différend ancien, ravivé par les étapes successives du remplissage du réservoir. L’Égypte et le Soudan redoutent une baisse du débit du Nil, dont ils dépendent pour l’irrigation, l’alimentation en eau potable et la production agricole.
En septembre 2024, Le Caire a saisi le Conseil de sécurité de l’ONU, dénonçant une nouvelle phase de remplissage sans coordination ni accord tripartite. L’Égypte considère cette démarche comme une menace directe à sa sécurité hydrique et une violation du droit international. De son côté, l’Éthiopie rejette ces accusations, affirmant que le barrage n’a pas d’effet néfaste significatif sur les pays en aval.
Addis-Abeba reste ferme sur sa position
Pour les autorités éthiopiennes, la souveraineté sur les ressources naturelles du pays n’est pas négociable. Le Grand barrage de la Renaissance est perçu non seulement comme un levier de croissance, mais aussi comme un symbole national, porteur d’un espoir collectif dans un contexte de fragilités économiques et climatiques.
À quelques mois de sa mise en service complète, le GERD demeure à la fois un atout stratégique et un point de friction régional. Dans un climat diplomatique tendu, il redessine les rapports de force autour du Nil, imposant un nouveau centre de gravité énergétique sur le continent africain.
La Rédaction

