Une réforme constitutionnelle entrée en vigueur mais toujours non activée
La réforme constitutionnelle instaurant une vice-présidence de la République est désormais entrée en vigueur au Cameroun. Promulguée le 14 avril 2026 par le président Paul Biya, elle inscrit officiellement cette fonction dans l’architecture institutionnelle du pays, une première depuis la réorganisation de l’État en 1972. Toutefois, aucune nomination n’a été annoncée à ce stade, laissant le poste juridiquement créé mais politiquement vacant. Sur le plan institutionnel, la promulgation clôt le processus législatif et intègre la vice-présidence dans la Constitution, mais l’absence de décret de nomination empêche toute mise en œuvre concrète, créant un décalage entre norme juridique et réalité politique.
Une fonction stratégique dans un exécutif très centralisé
Dans un système marqué par une forte concentration du pouvoir autour de la présidence, l’introduction d’une vice-présidence constitue un ajustement institutionnel potentiellement structurant. En théorie, cette fonction pourrait intervenir dans la continuité de l’État, la coordination de l’action gouvernementale ou la gestion de situations de transition. Mais en l’absence de titulaire, ces prérogatives restent théoriques et entièrement suspendues à une future décision de nomination, ce qui maintient le dispositif dans une forme d’inachèvement institutionnel.
Un vide politique aux interprétations multiples
Cette situation alimente plusieurs lectures au sein de la classe politique et parmi les observateurs. Certains y voient une phase de temporisation destinée à préserver les équilibres internes avant une désignation stratégique, tandis que d’autres considèrent qu’il s’agit d’une séparation volontaire entre l’adoption juridique de la réforme et son activation politique. Dans les deux cas, la vice-présidence apparaît comme une fonction existante mais non encore incarnée, dont le rôle réel reste à définir.
Une innovation institutionnelle encore en attente de concrétisation
Au-delà du cas camerounais, cette séquence illustre un phénomène déjà observé dans d’autres réformes constitutionnelles : la création de fonctions sans mécanisme immédiat de mise en œuvre. La vice-présidence est désormais inscrite dans le droit camerounais, mais son poids effectif dépendra entièrement de la nomination à venir et des prérogatives qui seront effectivement confiées à son titulaire.
Une équation politique encore ouverte
En l’état, le Cameroun dispose d’un cadre juridique complet pour une vice-présidence, mais la question centrale reste entière : qui sera nommé pour occuper cette fonction et selon quel calendrier politique.
La Rédaction

