La bataille entre compagnies aériennes françaises pour les lignes africaines se poursuit. Après le Bénin et le Sénégal, c’est désormais la République du Congo qui devient l’enjeu d’un duel stratégique entre Air France et Corsair.
À partir du 18 juin 2025, Air France ajoutera trois vols directs par semaine entre Paris-Charles-de-Gaulle et Brazzaville, portant à dix le total de ses liaisons hebdomadaires vers la capitale congolaise. Certains vols passeront par Kinshasa ou Pointe-Noire au retour. « Il s’agit du programme de vols le plus important de notre histoire du/vers le Congo », indique fièrement la compagnie dans un communiqué officiel.
Corsair vise Brazzaville… mais attend l’Europe
Cette annonce intervient alors que Corsair, concurrent direct d’Air France sur plusieurs destinations africaines, espérait elle aussi investir la ligne Paris-Brazzaville. Déjà engagée dans une guerre commerciale sur Cotonou (Bénin) et Dakar (Sénégal), Corsair a fait part de son intention d’ouvrir la destination congolaise. Mais son plan de restructuration, soumis à l’approbation de la Commission européenne, reste pour l’heure suspendu à Bruxelles.
Cette incertitude réglementaire empêche Corsair de rivaliser à armes égales. En attendant, Air France accélère son déploiement et renforce sa présence dans un espace aérien africain en plein développement.
Le ciel africain, enjeu stratégique pour les compagnies françaises
Le continent africain, notamment sa façade francophone, est devenu un terrain clé pour les compagnies aériennes. En cause : une forte demande de la part des diasporas, mais aussi une montée en puissance des économies locales.
Dans ce contexte, Brazzaville devient une escale stratégique. Les liaisons avec Paris intéressent autant les voyageurs congolais que les expatriés, les hommes d’affaires et les institutions. En renforçant sa fréquence de vols, Air France cherche clairement à consolider sa position dominantesur cette route.
Un duel appelé à s’intensifier
La rivalité entre Air France et Corsair en Afrique ne date pas d’hier. Mais elle s’accélère, alors que les deux compagnies cherchent à capter des parts de marché sur des destinations encore peu exploitées par les géants du secteur.
Avec Corsair encore empêchée de bouger ses pions, Air France profite de cette fenêtre d’opportunité pour se placer. La bataille de Brazzaville pourrait n’être qu’un épisode de plus dans une guerre aérienne plus large, sur fond de stratégie post-Covid et de diplomatie économique française sur le continent.
La Rédaction

