Exilé à Londres, l’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba affirme avoir « repris fermement » la tête du Parti démocratique gabonais (PDG) et fustige son successeur, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour « ingérence inadmissible » dans la vie interne du parti.
Dans une vidéo officielle récemment publiée depuis la capitale britannique, Ali Bongo Ondimba, vêtu d’un costume sobre et assis devant les armoiries du Gabon, s’adresse aux membres de son ancien parti. D’un ton solennel, il fait lire une déclaration par son fidèle soutien, Ali Akbar Onanga Y’Obegue, annonçant sa volonté claire de reprendre les rênes du PDG, qu’il qualifie toujours de « notre parti ».
Une reprise contestée mais assumée
« Camarades militantes, camarades militants », commence l’ancien chef de l’État dans un discours soigneusement préparé, « je reprends fermement la présidence du Parti démocratique gabonais ». L’ancien président, qui a dirigé le Gabon de 2009 jusqu’au coup d’État d’août 2023, insiste sur sa légitimité, soulignant qu’il n’a jamais démissionné de cette fonction au sein du PDG.
Ali Bongo, affaibli politiquement et physiquement depuis l’AVC dont il a été victime en 2018, veut désormais reprendre la main sur l’appareil partisan laissé en friche depuis sa chute. Cette sortie publique intervient alors que plusieurs cadres du PDG tentent de restructurer le parti en l’absence de leadership clair, dans un contexte de recomposition politique au Gabon.
Accusations contre le général Oligui Nguema
Le message est également un tir nourri contre le président de la Transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, accusé d’interférer dans les affaires internes du PDG. « Une ingérence inadmissible », martèle Ali Bongo, sans entrer dans les détails, mais laissant entendre que des pressions seraient exercées sur les militants ou les instances du parti pour les éloigner de son autorité.
Cette sortie intervient dans un climat tendu, où l’armée au pouvoir tente de redessiner le paysage politique gabonais tout en préparant la transition vers un retour à l’ordre constitutionnel.
Un retour politique ou un baroud d’honneur ?
Pour les observateurs, cette déclaration d’Ali Bongo relève autant d’une tentative de repositionnement politique que d’un cri d’alerte face à l’effacement progressif de son héritage. Depuis son exil à Londres, l’ancien président maintient une présence médiatique discrète, mais cette vidéo marque une rupture : il souhaite redevenir un acteur politique de premier plan, au moins au sein du PDG.
Reste à savoir si cette reprise en main sera suivie d’effets concrets ou si elle sera neutralisée par les autorités de la transition. Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a émané du gouvernement gabonais ni du général Oligui Nguema.
La Rédaction

