Alors que les fêtes de Noël et du Nouvel An approchent, une morosité palpable plane sur les familles camerounaises, plongées dans une lutte quotidienne contre la pauvreté et les difficultés économiques. À Yaoundé, la capitale, l’effervescence traditionnelle qui marque cette période de l’année semble avoir laissé place à des préoccupations plus pressantes : comment joindre les deux bouts.
D’ordinaire, les fêtes de fin d’année au Cameroun sont synonymes de faste et de convivialité. Noël, célébrée chaque 25 décembre, est l’occasion pour les familles d’habiller les enfants de nouveaux vêtements de qualité et de leur offrir des jouets, tandis que la Saint-Sylvestre, marquant l’entrée dans la nouvelle année, rassemble communautés et proches dans une ambiance festive. Mais cette année, le contraste est saisissant.
Joseph Ewolo, quinquagénaire et habitant de Yaoundé, se désole : « À cette période, les marchés étaient toujours bondés, et l’atmosphère festive était partout. Mais depuis 2019, avec l’arrivée du Covid-19, ce n’est plus le cas. Cette année encore, l’ambiance est inexistante. »
Dans les marchés comme celui de Mokolo, les commerçants constatent une affluence timide. Les rayons décorés attendent des acheteurs qui peinent à se décider, freinés par le manque de moyens. « Les salaires ne suffisent même pas pour boucler le mois. Parler de dépenses pour les fêtes, c’est presque irréaliste », confie une vendeuse.
Cette crise ne touche pas uniquement Yaoundé. À travers l’Afrique, des familles entières s’enfoncent dans une morosité sans précédent. Cependant, malgré les défis, l’espoir persiste. Les Camerounais, fidèles à leur résilience, se préparent à célébrer à leur manière, avec des moyens modestes mais un enthousiasme intact, prouvant une fois encore leur capacité à danser sur la mélodie de l’adversité.
La Rédaction

