Ce mercredi 18 novembre 2024, au Burkina Faso, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a publié un nouveau rapport qui détaille les conditions de vie des populations victimes des attaques des groupes armés islamistes au Burkina depuis 2016. Selon l’Armed Conflict Location & Event Data (ACLED), les groupes armés islamistes ont tué 1 004 civils dans 259 attaques entre janvier et août, contre 1 185 dans 413 attaques au cours de la même période l’année dernière. L’organisme humanitaire HRW s’inquiète pour les civils qui sont pris en tenaille entre les groupes islamistes et l’armée régulière.
« Nous assistons à une recrudescence inquiétante de la violence islamiste au Burkina Faso. Les massacres de villageois, de fidèles et de personnes déplacées, commis par les groupes armés islamistes, constituent non seulement des crimes de guerre, mais aussi un affront cruel à la décence humaine », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch. « Les dirigeants des groupes armés islamistes devraient immédiatement mettre fin à ces attaques meurtrières contre les civils », a-t-elle ajouté.
Selon le HRW, les groupes armés islamistes ont intensifié leurs attaques contre les civils, massacrant les villageois, les personnes déplacées et les fidèles chrétiens. Depuis février 2024, ils ont tué au moins 128 civils à travers le pays lors de sept attaques commises en violation du droit international humanitaire et constituant des crimes de guerre. Des témoins de plusieurs attaques pensent qu’il s’agissait de représailles contre des communautés locales pour leur collaboration présumée avec les forces de sécurité gouvernementales et leurs auxiliaires civils.
Selon HRW, les autres exactions commises par les groupes armés islamistes au Burkina sont notamment des exécutions sommaires, des violences sexuelles, des enlèvements et des pillages. Ils attaquent également les étudiants, les enseignants, les écoles et continuent par assiéger des localités, dissimulant des engins explosifs le long des routes, les privant de nourriture, d’accès aux services de base et d’aide humanitaire.
Les forces gouvernementales combattent les insurrections du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda et de l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) depuis l’entrée de ces groupes armés au Burkina Faso en provenance du Mali en 2016. Plus de 26 000 personnes ont été tuées dans la zone sahélienne depuis 2016, dont environ 15 500 depuis le coup d’État militaire de septembre 2022 et plus de 6 000 depuis janvier, selon l’Armed Conflict Location & Event Data (ACLED).
La Rédaction

