Fin de parcours pour deux pays cibles de la coopération flamande en matière d’adoption
Le couperet est tombé. La Flandre a officiellement mis fin aux adoptions internationales en provenance du Togo et de l’Inde, à l’issue de visites de travail menées fin 2024 et début 2025 dans ces deux pays. Cette décision vient entériner une tendance de retrait déjà amorcée, sur fond de soupçons répétés de fraudes et de dysfonctionnements systémiques dans plusieurs filières d’adoption.
Une politique d’adoption sévèrement revue
Depuis la suspension générale des adoptions internationales fin 2023, la Flandre mène un examen minutieux des pratiques des pays d’origine, sous la houlette de la ministre flamande Caroline Gennez. Cette mesure avait été enclenchée à l’époque par la ministre Hilde Crevits, après de graves signalements concernant l’Éthiopie, où des enfants auraient été proposés à l’adoption sans consentement valide ou en falsifiant leur statut d’orphelin.
L’enquête s’est ensuite étendue à d’autres pays : Vietnam, Haïti, Gambie, Maroc… tous temporairement suspendus, avant d’être écartés durablement. Le Togo et l’Inde viennent s’ajouter à cette liste noire, avec une suspension désormais actée.
39 familles encore accompagnées, mais un avenir flou
Sur les 80 familles flamandes dont les dossiers étaient en cours fin 2023, seules 39 sont encore suivies par le Centre flamand pour l’adoption (VCA). La plupart d’entre elles se retrouvent sans pays de destination reconnu, et sans perspective claire de relance à court terme. Pour certains candidats, cela signifie des années d’attente perdues, pour d’autres, une remise en question du projet lui-même.
Quid des autres pays ?
Le Kazakhstan et le Burkina Faso sont actuellement en phase de “feu orange”, selon les termes employés par la ministre. Cela signifie qu’un arrêt de facto est déjà en place, même s’il n’a pas encore été formellement annoncé. Une mission d’analyse est également en cours en Hongrie, dernier pays à faire l’objet d’un examen approfondi. Caroline Gennez a toutefois précisé qu’aucune reprise n’est envisagée pour l’instant, même dans les cas où des améliorations auraient été observées.
Une confiance brisée, difficile à reconstruire
Cette politique de suspension généralisée reflète une perte de confiance envers des systèmes souvent jugés opaques, peu contrôlés, voire corrompus. Les standards d’éthique et de transparence exigés par la Flandre semblent difficilement compatibles avec les pratiques observées dans plusieurs pays partenaires.
En toile de fond, cette affaire relance le débat sur l’avenir même de l’adoption internationale : entre dérives passées, contrôle impossible et vide juridique, certaines voix appellent désormais à repenser complètement le modèle, voire à privilégier des formes alternatives de protection de l’enfance, sur place.
La Rédaction

