Le Sénégal a décidé de soutenir officiellement la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. En mobilisant l’appareil d’État et le réseau diplomatique derrière son prédécesseur, Bassirou Diomaye Faye transforme une ambition personnelle en candidature nationale portée au nom de l’Afrique.
Une rencontre au sommet, loin des rivalités politiques
Le président Bassirou Diomaye Faye a reçu Macky Sall le 17 juin 2026 au Palais de la République. L’ancien chef de l’État était venu présenter sa candidature à la succession du secrétaire général de l’ONU.
Dans un communiqué daté du 20 juillet, le ministère sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur insiste sur le climat de cordialité qui a entouré l’entretien. Le texte met en avant l’attachement des deux responsables au dialogue, à la continuité de l’État et à la défense des intérêts supérieurs du pays.
Cette mise en scène institutionnelle n’est pas anodine. Elle intervient deux ans après une alternance politique marquée par de fortes tensions entre le pouvoir de Macky Sall et l’opposition conduite par le tandem Bassirou Diomaye Faye–Ousmane Sonko. En choisissant de soutenir son prédécesseur, le président sénégalais fait passer l’enjeu diplomatique avant les clivages internes.
La diplomatie sénégalaise appelée à se mobiliser
Le soutien annoncé ne se limite pas à une approbation de principe. Bassirou Diomaye Faye a demandé au gouvernement et à l’ensemble du réseau diplomatique sénégalais de promouvoir activement la candidature de Macky Sall auprès des États membres des Nations unies.
Le message est clair : Dakar entend transformer cette candidature en offensive diplomatique structurée. Ambassades, représentations permanentes et relais politiques devront désormais travailler à la constitution d’alliances capables de porter le dossier sénégalais dans les différentes régions du monde.
La présidence souhaite également élargir cette mobilisation au-delà des institutions. Le communiqué appelle les forces vives de la nation à soutenir une candidature présentée comme celle du Sénégal, mais aussi comme une contribution africaine à la réforme du multilatéralisme.
Une candidature africaine à construire
L’élection d’un secrétaire général des Nations unies repose sur un équilibre complexe entre les grandes puissances, les membres du Conseil de sécurité et l’Assemblée générale. Le soutien national constitue donc une première étape, mais il ne suffira pas.
Macky Sall devra convaincre au-delà du cercle francophone et obtenir des appuis significatifs en Afrique, en Europe, en Asie et dans les Amériques. Son expérience à la tête du Sénégal, son passage à la présidence de l’Union africaine et son réseau international constituent des atouts, mais la compétition devrait être fortement diplomatique.
Pour Dakar, l’enjeu consiste désormais à fédérer une position africaine autour de sa candidature. Cette ambition pourrait toutefois se heurter aux intérêts de plusieurs États du continent, susceptibles de soutenir d’autres profils ou de privilégier leurs propres alliances internationales.
Une réconciliation institutionnelle à forte portée symbolique
Le soutien de Bassirou Diomaye Faye à Macky Sall produit aussi un effet intérieur. Il donne à voir une forme de normalisation entre deux générations politiques que tout semblait opposer.
Le communiqué prend soin d’inscrire cette rencontre dans la continuité républicaine. Le pouvoir actuel ne renonce pas pour autant à ses critiques sur la gouvernance passée, mais il distingue désormais les désaccords nationaux de l’intérêt diplomatique du Sénégal.
Cette posture peut renforcer l’image d’un État capable de dépasser les alternances pour défendre ses ambitions internationales. Elle permet également à Bassirou Diomaye Faye d’afficher une présidence attachée à la stabilité institutionnelle et au rayonnement du pays.
Dakar joue une carte de prestige international
L’éventuelle accession de Macky Sall à la tête de l’ONU constituerait un succès majeur pour le Sénégal et pour l’Afrique de l’Ouest. Elle renforcerait la visibilité diplomatique d’un pays qui cherche depuis longtemps à projeter une image de stabilité, de médiation et d’engagement multilatéral.
À ce stade, la candidature entre toutefois dans une phase plus exigeante. Le soutien de l’État sénégalais lui donne une assise officielle. Reste désormais à convertir cette unité nationale affichée en coalition internationale suffisamment large pour peser sur le choix final.
La Rédaction

