Les États-Unis ont annoncé des sanctions visant le général Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane, chef des forces armées soudanaises, l’accusant de crimes de guerre et de violations des droits humains dans le contexte du conflit qui secoue le Soudan depuis plus de dix-huit mois. Ces sanctions gèlent ses avoirs éventuels aux États-Unis et interdisent toute transaction avec lui, dans un effort pour rendre des comptes aux responsables des violences qui ont ravagé le pays.
Sous la direction du général Al-Bourhane, les forces armées soudanaises ont intensifié leurs attaques contre des cibles civiles, notamment des frappes aériennes contre des écoles, des hôpitaux et des marchés. Ces actions ont été qualifiées de violations graves des conventions internationales, d’autant plus que l’accès humanitaire a été systématiquement bloqué, exacerbant la crise pour des millions de civils. Le secrétaire adjoint au Trésor, Wally Adeyemo, a souligné que cette tactique de privation alimentaire faisait partie d’une stratégie de guerre visant à affamer la population.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a récemment exprimé son indignation face à des massacres ethniques, notamment dans la ville de Wad Madani, reprise par l’armée soudanaise. Ces événements tragiques ont conduit l’ONU à appeler à une enquête sur les exactions commises dans la région.
Une enquête du New York Times a révélé que les forces armées soudanaises auraient utilisé des armes chimiques, très probablement du chlore gazeux, contre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), l’un des principaux groupes rivaux dans la guerre. Les informations indiquent que ces armes ont été déployées dans des zones reculées, avec la possibilité que des attaques similaires se produisent dans la zone stratégique de Bahri, au nord de Khartoum.
Bien que l’usage des armes chimiques ne soit pas explicitement mentionné dans le communiqué annonçant les sanctions, des responsables américains ont confirmé qu’il s’agissait d’un facteur déterminant dans la décision de cibler Al-Bourhane. Ces révélations soulignent son implication directe dans l’autorisation de l’usage de ces armes, malgré le secret entourant leur programme.
Le gouvernement soudanais a réagi en qualifiant les sanctions américaines de “pratiques immorales”, affirmant que Washington soutenait des factions responsables de génocides sous prétexte de neutralité. Cette accusation renvoie aux sanctions similaires prises à l’encontre de Mohammed Hamdan Daglo, chef des FSR, également accusé d’avoir orchestré des massacres dans la région du Darfour. Les États-Unis ont d’ailleurs sanctionné des entreprises des Émirats arabes unis impliquées dans la fourniture d’armements aux paramilitaires.
En plus des sanctions contre Al-Bourhane, Washington a pris des mesures contre un ressortissant soudano-ukrainien, Ahmad Abdalla, pour avoir facilité l’approvisionnement en armes de l’armée soudanaise. La société Portex Trade Limited, basée à Hong Kong, figure également parmi les entités visées par ces restrictions.
Ces mesures renforcent l’engagement des États-Unis à ne pas laisser Al-Bourhane ni Daglo diriger le pays vers la paix, soulignant leur incapacité à mener une transition démocratique. Antony Blinken, le secrétaire d’État américain, a exprimé ses regrets de ne pas avoir réussi à mettre fin au conflit, mais a réaffirmé l’engagement des États-Unis à soutenir le processus de transition et à poursuivre les responsables de ces atrocités.
Depuis le début de la guerre, plus de 150 000 personnes ont perdu la vie, et des millions d’autres ont été forcées de fuir leurs foyers, plongeant le pays dans une crise humanitaire de grande ampleur.
La Rédaction

