L’épidémie d’Ebola atteint un nouveau seuil dramatique en République démocratique du Congo. Mais derrière le bilan de plus de 5 000 décès se cache une difficulté majeure : de nombreuses contaminations échappent encore aux dispositifs de surveillance. Dans l’est du pays, l’insécurité, la méfiance et les difficultés rencontrées par les soignants compromettent les efforts pour interrompre la propagation du virus.
En République démocratique du Congo, la progression d’Ebola révèle les limites d’une riposte sanitaire confrontée à plusieurs crises simultanées. Selon les dernières données des autorités, 10 351 infections et 5 026 décès ont été recensés depuis le début de l’épidémie, déclarée en mai 2026.
Provoquée par le virus Bundibugyo, cette flambée est devenue la deuxième plus meurtrière de l’histoire d’Ebola, derrière celle qui avait ravagé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.
Des contaminations qui échappent à la surveillance
Le principal obstacle réside dans la difficulté à identifier rapidement les personnes infectées. Selon les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), environ 80 % des nouveaux cas surviennent en dehors des chaînes de contacts déjà surveillées.
Cette situation signifie que de nombreuses transmissions restent inconnues des équipes sanitaires jusqu’à l’apparition de nouveaux malades.
L’Ituri et le Nord-Kivu concentrent l’essentiel des infections. Dans ces provinces, les violences armées, l’éloignement des localités et la méfiance envers les structures médicales retardent les interventions.
Des soignants confrontés à leurs propres difficultés
La riposte se heurte également à des problèmes de fonctionnement. À Tchomia, en Ituri, des professionnels d’un centre de traitement ont suspendu leurs prestations pour réclamer quatre mois de rémunérations impayées.
Ces interruptions fragilisent des services déjà confrontés à des besoins considérables.
Autre difficulté : une proportion importante des victimes décède sans avoir bénéficié d’une prise en charge dans les centres spécialisés, augmentant les risques de transmission communautaire.
Une menace qui dépasse les frontières congolaises
L’épidémie a également provoqué des contaminations au Kenya et au Nigeria, après des cas signalés en Ouganda.
En l’absence de vaccin spécifiquement homologué contre le virus Bundibugyo, les efforts reposent principalement sur la détection précoce, l’isolement, les soins de soutien et le suivi des contacts.
Pour la RDC, l’enjeu dépasse désormais la mobilisation de moyens supplémentaires : il faut restaurer la confiance des communautés et garantir la continuité des soins pour reprendre le contrôle des transmissions.
La Rédaction
Sources et références : Associated Press, ; Reuters, ; Organisation mondiale de la santé, bulletin épidémiologique du 23 octobre 2026 ; La Voix de l’Ituri

