À Port-au-Prince, la violence croissante des gangs a poussé plus de 20 000 personnes à fuir leurs foyers en l’espace de quatre jours. Parmi elles, plus de 17 000 ont trouvé refuge dans 15 sites de déplacement, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Cette vague de déplacements, d’une ampleur inédite depuis l’année précédente, illustre la détérioration rapide des conditions sécuritaires dans la capitale haïtienne. La crise entrave l’approvisionnement essentiel et accentue l’isolement de la ville, plongeant ses habitants dans une détresse croissante.
Un quotidien paralysé par la violence
Les déplacements massifs s’accompagnent de la fermeture du trafic aérien, après que des tirs ciblés ont visé trois avions commerciaux. L’accès au principal port maritime et aux routes, désormais sous contrôle des groupes armés, est devenu quasiment impossible. Ces restrictions aggravent une situation humanitaire déjà critique.
Les groupes criminels continuent d’étendre leur emprise sur de nouveaux quartiers, renforçant leur domination par des alliances stratégiques entre factions rivales. Pendant ce temps, la police nationale, confrontée à un manque criant de ressources, peine à contenir l’escalade.
Un impact disproportionné sur les plus vulnérables
La violence des gangs a provoqué près de 4 000 morts cette année, selon les Nations Unies. Les femmes et les enfants en subissent les conséquences les plus lourdes, avec des cas de violence sexuelle alarmants, utilisés comme armes d’intimidation. Selon l’OIM, 94 % des femmes et filles déplacées se trouvent exposées à des risques accrus de violences.
Une aide humanitaire à bout de souffle
Grégoire Goodstein, chef de mission de l’OIM en Haïti, a tiré la sonnette d’alarme : « L’isolement de Port-au-Prince exacerbe une crise humanitaire déjà désastreuse. Nos capacités d’intervention atteignent leurs limites. » Avec seulement 20 % de la capitale accessible, les humanitaires doivent relever des défis majeurs pour atteindre les populations en détresse.
Malgré les contraintes, l’OIM poursuit ses efforts en apportant une assistance vitale : logement, cliniques mobiles pour des soins médicaux, soutien psychosocial et aide aux survivants de violences basées sur le genre. L’organisation coordonne également l’approvisionnement en eau et l’amélioration des conditions de vie sur les sites de déplacement.
Un appel urgent à la solidarité internationale
Face à l’ampleur de la crise, l’OIM insiste sur la nécessité d’un soutien accru de la communauté internationale. Avec un plan de réponse humanitaire de 674 millions de dollars financé à seulement 42 %, les ressources actuelles sont largement insuffisantes.
L’agence appelle au respect des principes humanitaires, exhortant les acteurs à garantir la sécurité des civils et des équipes d’aide. Elle plaide pour un accès sans entrave aux zones touchées, afin de préserver la dignité et la vie des milliers de personnes prises au piège d’une violence sans fin.
La Rédaction

