Le mouvement chiite rejette catégoriquement la volonté du gouvernement libanais de le désarmer d’ici la fin de l’année, dénonçant un “péché grave” contre la souveraineté nationale.
Le Hezbollah a vivement réagi à la récente décision du gouvernement libanais visant à désarmer toutes les factions armées d’ici le 31 décembre 2025. Dans un communiqué officiel publié ce mercredi, le mouvement chiite pro-iranien a déclaré qu’il ferait “comme si cette décision n’existait pas”, dénonçant un acte considéré comme un « péché grave » contre le Liban et sa résistance.
Selon le communiqué, le Hezbollah estime que cette volonté politique de centraliser l’armement aux seules mains de l’État est une “soumission aux pressions internationales” et “une trahison des sacrifices consentis pour protéger le pays contre Israël”. Le parti armé accuse certaines factions internes de vouloir affaiblir la résistance alors que “les menaces contre le Liban n’ont jamais été aussi nombreuses”.
Une rupture nette avec le cadre gouvernemental
L’annonce du gouvernement, intervenue mardi soir à l’issue d’un Conseil des ministres exceptionnel, marque une volonté de tourner la page des milices armées. Le Premier ministre libanais, appuyé par le président de la République et plusieurs formations politiques, a affirmé que “la sécurité nationale ne peut plus être laissée à des acteurs non-étatiques, même s’ils prétendent défendre le pays”.
Cette décision a toutefois immédiatement ravivé les tensions internes, notamment avec le Hezbollah, dont le rôle militaire et politique reste central dans l’équilibre libanais. Le parti a déjà indiqué qu’il n’obéira pas à ce qu’il qualifie de diktat “imposé de l’étranger”.
Les conséquences d’une confrontation ouverte
Sur le terrain, plusieurs analystes redoutent une escalade. Si le gouvernement insiste sur le désarmement du Hezbollah, la probabilité d’un affrontement interne augmente. D’autant que ce dernier contrôle de facto plusieurs zones du Sud-Liban et de la vallée de la Bekaa.
À l’international, les réactions restent prudentes. Israël, principal adversaire du Hezbollah, n’a pas officiellement commenté la décision libanaise, mais plusieurs sources militaires évoquent un suivi attentif de la situation, notamment en cas de vacillement du fragile équilibre au Liban.
Un bras de fer inévitable ?
Depuis sa création en 1982, le Hezbollah n’a jamais accepté de remettre ses armes à l’État libanais. S’appuyant sur la lutte contre Israël et la défense de la souveraineté, il a progressivement renforcé son arsenal, tout en intégrant les institutions politiques.
Aujourd’hui, cette décision du gouvernement pourrait marquer un tournant historique, mais aussi ouvrir une crise profonde si aucun compromis politique n’est trouvé.
La Rédaction

