En visite en Chine, le Premier ministre sénégalais dénonce les dérives unilatérales des puissances occidentales et appelle à un nouvel équilibre global porté par les initiatives du Sud.
En déplacement à Dalian dans le cadre du Forum d’été de Davos 2025, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a lancé un avertissement clair sur les dérives actuelles du système international. Dans une interview accordée à China Media Group, le chef du gouvernement sénégalais s’est dit préoccupé par l’érosion progressive des normes du droit international, longtemps érigées en pilier de l’équilibre entre nations.
« Nous assistons à une période où certains États qui ont autrefois imposé des règles à leur avantage, tentent désormais de s’en défaire dès lors qu’un nouvel équilibre des forces se dessine », a-t-il regretté, en référence à la montée en puissance des pays émergents et à l’affaiblissement relatif de l’unilatéralisme occidental.
Sonko a notamment pointé du doigt les récentes hausses tarifaires décidées par les États-Unis, estimant qu’elles s’inscrivent dans une logique de repli économique incompatible avec les principes du commerce multilatéral.
Une alternative portée par le Sud global
Face à cette tendance, Ousmane Sonko appelle à un renforcement des solidarités entre pays du Sud, citant en exemple les BRICS, devenus en quelques années un espace stratégique de redéfinition des rapports de force internationaux. « Ce qui se construit aujourd’hui dans le Sud est fondamental pour établir un ordre mondial plus juste », a-t-il affirmé.
Pour le Premier ministre, les mécanismes d’intégration et de coopération menés en dehors des schémas traditionnels dominés par l’Occident offrent de nouvelles perspectives de souveraineté, d’équité et de stabilité globale, notamment dans les domaines du commerce, de la monnaie et de la gouvernance numérique.
Une diplomatie offensive
La sortie de Sonko s’inscrit dans la volonté du Sénégal de redéfinir son positionnement diplomatique sur l’échiquier mondial, en diversifiant ses partenariats, en particulier avec les puissances asiatiques, mais aussi avec les coalitions émergentes qui contestent la hiérarchie établie après la Guerre froide.
À Dalian, Sonko a tenu plusieurs rencontres bilatérales avec des dirigeants asiatiques et africains, et a plaidé pour une représentation accrue des pays africains dans les instances internationales, notamment au Conseil de sécurité de l’ONU.
La Rédaction

