Au Sénégal, l’ancien président Macky Sall a dénoncé l’inaction des nouvelles autorités, affirmant que le pays se trouve aujourd’hui dans une « situation catastrophique » due à leurs actions depuis leur arrivée au pouvoir. Dans une lettre diffusée ce mercredi, avant les législatives du 17 novembre, il exprime ses inquiétudes sur l’évolution du pays.
Le candidat soutenu par Macky Sall, pour lui succéder après douze ans de mandat, a été éliminé dès le premier tour de la présidentielle en mars par Bassirou Diomaye Faye. Ce dernier a été porté au sommet de l’État par Ousmane Sonko, désormais Premier ministre et l’un des principaux artisans de cette alternance. Les relations entre Sonko et Sall ont été marquées par un conflit de trois ans, entraînant de nombreux drames.
Les nouvelles autorités, souhaitant rompre avec ce qu’elles qualifient de gouvernance corrompue, ont promis de revoir le fonctionnement de l’État. Ousmane Sonko, en tant que Premier ministre, n’a pas cessé de critiquer Macky Sall et son entourage, affirmant que ceux-ci seront traduits en justice.
Dans sa lettre, Macky Sall reproche à ses opposants leur tendance au « reniement, au populisme, aux contre-vérités et à la manipulation », qui, selon lui, caractérise désormais la gouvernance du pays. Il regrette que « le temps de l’action utile aux populations » ait cédé la place à des discours sans effet, alors que des urgences apparaissent dans plusieurs secteurs. Il affirme avoir laissé un Sénégal sur la voie de l’émergence et déplore qu’en quelques mois, l’agriculture, la pêche, l’artisanat, le commerce et le bâtiment se retrouvent dans un état critique.
De leur côté, les autorités actuelles indiquent avoir hérité de comptes publics « catastrophiques », à la suite d’un audit. Ousmane Sonko accuse en effet l’ancienne équipe d’avoir maquillé les données financières et trompé les partenaires internationaux, notamment le FMI.
Ces élections législatives marquent une étape importante, car la dissolution de l’Assemblée en septembre a mis fin à la majorité de Macky Sall au Parlement. Depuis son départ du Sénégal après les élections présidentielles, son retour pour cette échéance reste improbable.
La Rédaction

