Kigali estime supporter seul une grande partie du coût de l’intervention contre l’insurrection jihadiste dans cette région stratégique pour l’industrie gazière.
Le Rwanda pourrait revoir sa présence militaire au Mozambique. Kigali a laissé entendre qu’un retrait de ses troupes restait possible si les conditions de financement de l’opération n’étaient pas réévaluées. Depuis 2021, environ un millier de soldats et policiers rwandais participent aux opérations de sécurisation dans la province de Cabo Delgado, épicentre d’une insurrection armée active depuis plusieurs années.
Cette intervention a permis aux autorités mozambicaines de reprendre le contrôle de certaines zones menacées par des groupes liés à l’organisation État islamique. Mais le gouvernement rwandais considère aujourd’hui que le coût de cette mission repose en grande partie sur ses propres ressources.
Un financement jugé insuffisant
Les autorités rwandaises pointent notamment la faiblesse des financements internationaux destinés à soutenir cette présence militaire. L’Union européenne a contribué à hauteur d’environ 20 millions d’euros pour soutenir les efforts de stabilisation, mais Kigali estime que cette somme reste très inférieure aux dépenses nécessaires pour maintenir ses forces sur le terrain.
Selon les responsables rwandais, l’engagement de leurs troupes bénéficie non seulement à la sécurité du Mozambique, mais également à la protection d’importants investissements étrangers dans la région.
Cabo Delgado, une zone stratégique pour l’énergie
Le nord du Mozambique attire depuis plusieurs années les grandes compagnies énergétiques en raison de ses importantes réserves de gaz naturel. La stabilité de Cabo Delgado est donc devenue un enjeu économique majeur.
Le groupe TotalEnergies a récemment relancé un vaste projet gazier suspendu après une attaque meurtrière en 2021. D’autres acteurs internationaux, notamment ENI et ExxonMobil, surveillent également l’évolution de la situation sécuritaire avant d’accélérer leurs investissements.
Un conflit qui dure depuis près d’une décennie
L’insurrection armée qui frappe la région remonte à 2017 et a profondément déstabilisé le nord du Mozambique. Selon les données de l’ONG spécialisée ACLED, les violences ont causé plusieurs milliers de morts et provoqué d’importants déplacements de populations.
Dans ce contexte, l’éventualité d’un retrait des forces rwandaises suscite des inquiétudes parmi les observateurs, qui considèrent leur présence comme un facteur clé dans la stabilisation progressive de la province.
La Rédaction

