Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a révélé que plus de 100 individus impliqués dans le financement du terrorisme avaient été jugés et condamnés au cours des deux dernières années. Cette annonce a été faite à l’occasion de l’ouverture du Sommet national 2025 sur la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération (AML/CFT/CPF), organisé dans la capitale Abuja.
Selon le président, cette avancée significative résulte des efforts conjoints du Bureau du conseiller à la sécurité nationale, du procureur général de la Fédération, et des agences de sécurité. Grâce à un renforcement des capacités nationales, le Nigéria a pu cibler et démanteler des réseaux financiers criminels qui alimentaient des groupes terroristes tels que Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).
Des stratégies renforcées pour affaiblir les groupes terroristes
Lors de son discours, prononcé par George Akume, secrétaire du gouvernement de la Fédération, Bola Tinubu a salué les progrès réalisés dans la lutte contre la violence et l’insécurité. Il a insisté sur l’importance de priver les groupes terroristes de leurs ressources financières et matérielles, affirmant que cette stratégie affaiblit considérablement leur capacité à semer la terreur dans les communautés locales.
Le président a attribué cette réussite à plusieurs initiatives clés, notamment :
•La Stratégie nationale de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, qui vise à perturber les flux financiers criminels.
•Le Plan directeur national de contrôle des drogues, qui cible les économies souterraines liées au trafic de stupéfiants.
•La Stratégie nationale de lutte contre la corruption, un levier essentiel pour s’attaquer aux structures qui facilitent les crimes organisés.
« Nous créons un environnement où nos zones rurales peuvent à nouveau prospérer, libérées des griffes des criminels », a affirmé le président dans une déclaration optimiste.
Une volonté d’améliorer la réputation internationale
Malgré ces succès, le chef de l’État a exprimé ses inquiétudes concernant l’impact négatif de l’inscription du Nigéria sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) en février 2023. Il a souligné que cette classification portait un préjudice considérable à la réputation et à l’économie du pays.
Tinubu a toutefois assuré que le Nigéria s’était engagé à mettre en œuvre un plan d’action rigoureux pour combler les lacunes identifiées dans son système de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cet engagement reflète une volonté politique forte et un partenariat renforcé avec les organismes internationaux.
Investir dans les capacités nationales
Le président a également mis l’accent sur la nécessité de continuer à investir dans les ressources humaines et techniques des forces de l’ordre. Selon lui, ces efforts ont déjà conduit à une augmentation significative des condamnations liées aux enquêtes sur les réseaux criminels organisés.
Pour Tinubu, le Nigéria doit poursuivre sur cette lancée afin de consolider les acquis, protéger son système financier, et bâtir un pays où sécurité et prospérité coexistent.
Ce discours marque une étape importante dans l’engagement du Nigéria à faire front contre le terrorisme et la criminalité, tout en cherchant à redorer son image sur la scène internationale.
La Rédaction

