Le Brésil, leader mondial des exportations de viande de volaille et acteur majeur dans la viande de porc, renforce sa présence sur le continent africain. Portée par une demande urbaine en constante augmentation, l’appétit croissant pour les protéines animales brésiliennes traduit une mutation alimentaire et économique notable.
Une demande portée par la dynamique africaine
La montée en flèche des exportations brésiliennes vers l’Afrique repose sur plusieurs leviers. La croissance démographique, l’urbanisation accélérée, et l’émergence d’une classe moyenne transforment les habitudes alimentaires, avec une préférence marquée pour les protéines abordables et de qualité. Selon l’Association Brésilienne des Protéines Animales (ABPA), ces tendances ont permis une augmentation significative des exportations de viande de volaille et de porc en 2023 et 2024.
L’Afrique du Sud, première destination africaine, a importé près de 340 000 tonnes de viande de volaille en 2023, marquant une hausse de 19,9 %. Ce pays privilégie principalement les découpes prêtes à consommer. Grâce à des audits sanitaires positifs, les autorités sud-africaines ont élargi les licences d’importation pour de nouveaux producteurs brésiliens, renforçant ainsi le partenariat entre les deux nations.
La Libye suit en tant que deuxième destination africaine avec plus de 76 000 tonnes importées. Les carcasses entières et les découpes y répondent à des besoins alimentaires traditionnels. L’Égypte, troisième sur le continent, affiche une hausse de 25,4 % des importations, stimulée par une demande urbaine accrue.
Le Ghana et l’Angola complètent le top 5 des importateurs africains, enregistrant respectivement des augmentations spectaculaires de 79,8 % et 47,4 %. Ces marchés, en forte croissance, témoignent du potentiel africain pour les produits avicoles brésiliens.
La montée en puissance de la viande de porc
En parallèle, le marché africain s’impose comme un relais de croissance pour les exportations de viande de porc brésilienne. En 2023, sept pays africains figuraient parmi les 25 premières destinations mondiales pour ces produits.
L’Angola, principal client africain, a importé plus de 34 000 tonnes, tandis que la Côte d’Ivoire a enregistré une hausse spectaculaire de 191,75 % avec 18 000 tonnes. Cette évolution reflète l’essor des classes moyennes et une intégration croissante de la viande de porc dans les habitudes culinaires locales.
Des pays comme la RDC, le Liberia, et le Gabon affichent également des progressions impressionnantes. Le Gabon, en particulier, a vu ses importations bondir de 313 %, confirmant le rôle croissant des petites économies africaines dans le commerce international de la viande.
Les atouts du Brésil
Le Brésil tire profit de ses coûts de production compétitifs, de sa capacité à fournir des produits halal pour certains marchés, et de sa proximité logistique avec l’Afrique. Ces avantages, combinés à une diversification des débouchés, permettent aux producteurs brésiliens de répondre aux besoins d’un continent en pleine évolution.
Alors que la population africaine devrait doubler d’ici 2050, les perspectives pour les exportations brésiliennes s’annoncent prometteuses. Portée par une stratégie d’adaptation aux préférences locales, l’industrie brésilienne mise sur l’Afrique comme un marché clé pour ses protéines animales.
La Rédaction

