Les investissements en provenance des pays du Golfe se multiplient en Afrique, marquant une nouvelle ère de partenariat économique. Selon un récent rapport d’Afreximbank, la décennie 2012-2022 a vu une croissance significative des flux financiers du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Koweït, Bahreïn et Oman) vers le continent. Décryptage d’une tendance qui transforme l’économie africaine.
Une Afrique convoitée
Depuis plusieurs années, l’Afrique s’impose comme une destination privilégiée pour les investisseurs mondiaux, et les pays du Golfe n’y font pas exception. En 2023, Qatar Airways a acquis 25 % du transporteur sud-africain Airlink, une opération emblématique de cet engouement. Parmi ces investisseurs, les Émirats arabes unis dominent, suivis par l’Arabie saoudite et le Qatar. Au cours de la période étudiée, les Émirats sont devenus le quatrième investisseur étranger direct en Afrique, après la Chine, l’Union européenne et les États-Unis.
Les attraits économiques du continent
Avec une population atteignant 1,5 milliard d’habitants en 2025, l’Afrique offre une main-d’œuvre abondante et une demande intérieure croissante. Elle regorge aussi de ressources naturelles essentielles, comme le cobalt, le cuivre, l’or ou encore le café, et dispose d’un potentiel agricole considérable. Cette richesse attire les États du Golfe, confrontés à des climats arides peu favorables à l’agriculture. Ils se tournent vers l’Afrique pour sécuriser leur approvisionnement alimentaire, notamment via l’acquisition de terres cultivables, une pratique qui suscite parfois des controverses.
Une stratégie ciblée
Les investissements des pays du Golfe se concentrent principalement sur les grandes économies africaines. L’Égypte, avec 11 milliards de dollars injectés sur dix ans, arrive en tête, suivie du Maroc, de l’Algérie, du Nigeria et de l’Afrique du Sud. Les secteurs visés incluent l’agriculture (notamment en Égypte et au Soudan), les énergies renouvelables (au Maroc), les télécommunications, les transports, le secteur bancaire, et les infrastructures, comme les ports et les aéroports.
Des alliances mutuellement bénéfiques
Ces investissements répondent aussi à une nécessité pour les pays africains. Face à la baisse des prêts chinois et à l’érosion de l’aide européenne, les dirigeants du continent cherchent de nouveaux financements. Des partenariats stratégiques, comme le projet de gazoduc reliant le Maroc au Nigeria, financé en partie par les Émirats arabes unis, illustrent l’impact concret de ces alliances.
Une Afrique au cœur de l’économie mondiale
D’ici 2050, le continent africain devrait occuper une place centrale dans l’économie mondiale. Les pays du Golfe, par leur proximité géographique et leur position stratégique entre l’Afrique et l’Asie, s’affirment comme des partenaires incontournables de ce nouvel ordre économique. Reste à voir comment ces investissements façonneront le développement du continent à long terme.
La Rédaction

