Face aux guerres, aux divisions et à l’émigration qui fragilisent plusieurs communautés chrétiennes du monde arabe, Léon XIV appelle à ne pas céder à la peur ni à la résignation. Devant les évêques latins de la région, le Pape a défendu une présence chrétienne fondée sur le service, le dialogue et la réconciliation, capable de devenir une « voix de la vérité, de la justice et de la paix ».
En recevant les treize évêques de la Conférence épiscopale latine des régions arabes (CELRA), venus notamment du Liban, de Syrie, de Jordanie, de Palestine, d’Égypte, des pays du Golfe et de Djibouti, Léon XIV a dressé le portrait d’Églises confrontées à des réalités souvent marquées par les tensions politiques, sociales et religieuses.
Il a également rappelé le lourd tribut payé par certaines de ces communautés, évoquant des prêtres, des religieux et des fidèles morts dans des contextes de violence. Pour autant, leur fragilité actuelle ne doit pas les conduire à se replier.
Une présence qui ne se mesure pas au nombre
« N’ayez pas peur de votre petitesse », a lancé le Pape aux évêques. Selon lui, la fécondité de l’Église ne dépend ni de ses effectifs, ni de ses structures, ni de ses ressources, mais de sa fidélité à l’Évangile.
Cette présence chrétienne peut donc demeurer décisive même lorsqu’elle est minoritaire. Léon XIV en a précisé la logique : servir plutôt que rechercher le pouvoir, témoigner plutôt que s’imposer, et ne pas répondre à la violence par la violence.
Dans des sociétés traversées par les fractures et la méfiance, cette attitude doit permettre aux communautés chrétiennes de montrer qu’il reste possible de « vivre, de servir et d’espérer ensemble ».
Rester proches des populations fragilisées
Le Souverain pontife a également insisté sur la proximité pastorale. Lorsque les communautés s’affaiblissent et que des familles sont contraintes d’émigrer, le rôle des évêques et des prêtres devient, selon lui, encore plus important.
Il leur demande d’« écouter, soutenir, consoler » et d’accorder une attention particulière aux familles, aux jeunes et aux personnes migrantes. Dans plusieurs pays du Golfe, ces dernières peuvent être confrontées à la solitude, à la précarité et à l’éloignement familial.
À travers les paroisses, les écoles, les hôpitaux et les œuvres de charité, l’Église doit ainsi donner une traduction concrète à son message de fraternité.
Le dialogue comme chemin de réconciliation
Léon XIV a accordé une place centrale au dialogue interreligieux. Dans des régions où se côtoient différents rites chrétiens et d’importantes communautés musulmanes, il appelle à ne pas considérer cette diversité comme un obstacle, mais comme une richesse à vivre dans l’unité.
Le Pape n’a pas demandé aux évêques de prétendre résoudre seuls les crises politiques de la région. Il les a plutôt invités à devenir des artisans de réconciliation et des témoins de la miséricorde.
« Là où la guerre a semé la méfiance », chaque geste de respect, de collaboration ou d’estime peut constituer, selon lui, un pas vers la paix. Une logique qui fait de la réconciliation un travail patient, construit à partir d’initiatives parfois modestes mais répétées.
Servir sans perdre l’essentiel
L’urgence humanitaire et sociale ne doit toutefois pas faire perdre de vue la mission spirituelle de l’Église. Léon XIV a rappelé l’importance de l’annonce de l’Évangile, de la prière, des sacrements et de la formation chrétienne.
« Une Église capable de servir doit être avant tout une Église qui prie », a-t-il insisté.
Son message aux chrétiens du monde arabe repose donc sur une conviction : leur influence ne dépend pas seulement de leur poids démographique. Dans des sociétés fragilisées par les conflits, l’exode et les divisions, leur rôle peut précisément résider dans leur capacité à rester présents, à servir, à dialoguer et à reconstruire la confiance.
La Rédaction
Sources : Vatican News ; Saint-Siège

