Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité une résolution prolongeant le mandat du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) jusqu’au 31 janvier 2026. Cette extension vise à accompagner le pays dans sa transition démocratique, dans un contexte marqué par la violence et l’effondrement institutionnel.
Une présence renforcée dans un pays fragilisé
L’ambassadrice américaine Dorothy Shea a salué ce vote unanime, appelant les États membres à intensifier leur appui au peuple haïtien.
« Nos efforts collectifs peuvent garantir un avenir plus juste et plus pacifique pour tous les Haïtiens », a-t-elle déclaré devant le Conseil.
Depuis sa création en 2019, le BINUH travaille au renforcement des institutions publiques, à la promotion de la bonne gouvernance et à la protection des droits humains. Il soutient également les efforts de réforme électorale et sécuritaire dans le pays.
Contraste avec les politiques migratoires américaines
Paradoxalement, alors que l’ONU renouvelle son soutien à Haïti, l’administration Trump avait supprimé le statut de protection temporaire (TPS) pour environ 500 000 ressortissants haïtiens. Cette mesure a concerné également des milliers de Vénézuéliens, d’Ukrainiens, d’Afghans, de Camerounais et de Népalais. Plusieurs recours judiciaires sont toujours en cours.
Sous Biden, une approche plus ouverte
Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Joe Biden a étendu le TPS, offrant une protection à près d’un million de Vénézuéliens et d’Haïtiens, les mettant à l’abri de l’expulsion.
Néanmoins, ces protections ont des échéances précises :
• TPS pour les Éthiopiens : fin en décembre 2025
• Pour les Yéménites et Somaliens : mars 2026
• Pour les Salvadoriens : septembre 2026
• 250 000 Vénézuéliens et des milliers de Syriens sont protégés jusqu’en septembre 2025
Une cohérence à construire
L’extension du mandat du BINUH témoigne d’un engagement de la communauté internationale en faveur d’Haïti. Toutefois, cet appui diplomatique et sécuritaire gagnerait à être renforcé par des politiques migratoires plus stables et cohérentes, en particulier pour les populations contraintes de fuir des contextes de violence ou de catastrophe.
La Rédaction

