Le Premier ministre soudanais Kamil al-Taib Idris a choisi Le Caire pour sa première visite officielle à l’étranger, le jeudi 7 août. Un déplacement hautement stratégique, marquant un resserrement des liens diplomatiques entre l’Égypte et le Soudan, deux pays unis par l’histoire, la géographie et surtout par le Nil.
Un front commun face au barrage de la Renaissance
Lors d’un point presse conjoint, le chef du gouvernement égyptien Mustafa Madbouly a réaffirmé son opposition à toute initiative unilatérale de l’Éthiopie concernant le Grand Barrage de la Renaissance. Ce projet hydroélectrique majeur, désormais achevé, alimente depuis plus d’une décennie les tensions dans la région.
L’Égypte redoute un impact sur sa sécurité hydrique, déjà fragilisée par la raréfaction des ressources en eau.
« Le Nil n’est pas une exception. Les règles du droit international doivent s’y appliquer, sans exception ni traitement particulier », a insisté Mustafa Madbouly, appelant à la concertation entre tous les pays riverains.
Un Soudan en quête de stabilité diplomatique
Malgré la guerre civile qui ravage le Soudan depuis avril 2023, Khartoum semble vouloir reprendre la main sur le terrain diplomatique. Kamil al-Taib Idris a salué un climat de « consensus » avec l’Égypte et annoncé la relance de comités techniques conjoints sur les dossiers sensibles liés à l’eau.
Pour le Soudan, l’enjeu est double : consolider ses alliances régionales et gérer l’impact humanitaire de la guerre. Plus de 10 millions de personnes ont été déplacées par le conflit, et l’Égypte accueille déjà 1,5 million de réfugiés soudanais.
Prochain rendez-vous stratégique
La prochaine réunion des comités conjoints égypto-soudanais est prévue avant fin septembre. Elle devrait préciser les mécanismes de coopération sur la gestion des eaux du Nil et sur d’autres dossiers stratégiques, dans un contexte où la stabilité régionale reste précaire.
La Rédaction

