Au sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, le président du Botswana appelle à une mobilisation accrue des ressources nationales pour enrayer la stagnation de la lutte contre le paludisme et renforcer les soins de santé primaires.
Une situation alarmante
Au sommet de l’Union africaine, les dirigeants africains sont confrontés à une réalité inquiétante : la lutte contre le paludisme marque le pas et la dépendance aux financements extérieurs fragilise les systèmes de santé. Selon Duma Boko, le continent doit désormais prendre les rênes de son financement sanitaire pour garantir l’accès aux soins et la sécurité de ses populations.
Les chiffres sont préoccupants. En 2024, l’Afrique a recensé plus de 270 millions de cas de paludisme, représentant l’essentiel des infections dans le monde, et près de 600 000 décès, principalement chez les enfants de moins de cinq ans. Après des décennies de progrès, la dynamique semble s’essouffler, et certains pays risquent de manquer leurs objectifs de réduction des cas et de la mortalité.
Fragilité du financement extérieur
La baisse des financements internationaux accentue la vulnérabilité. La réduction de l’aide publique au développement et les contraintes sur les ressources du Fonds mondial exposent les programmes nationaux à des ruptures de stock de médicaments et de vaccins. Les projections montrent que chaque réduction significative des financements pourrait provoquer une augmentation massive des cas et des décès, tout en freinant la croissance économique.
La nécessité de la souveraineté sanitaire
Face à ce constat, Duma Boko plaide pour une stratégie axée sur la souveraineté sanitaire. Plusieurs États africains augmentent progressivement leurs budgets de santé et explorent des solutions innovantes, comme les partenariats public-privé et la mobilisation multisectorielle. La production locale de vaccins et de médicaments apparaît comme un levier essentiel pour sécuriser l’approvisionnement et réduire la dépendance extérieure.
Progrès scientifiques et prévention
Les avancées scientifiques offrent également de nouvelles perspectives. La distribution de vaccins antipaludiques et de moustiquaires de nouvelle génération améliore la prévention. Toutefois, leur impact reste limité sans un financement stable et durable. L’Afrique doit investir dans ces outils et considérer la santé comme un moteur de développement et non comme une dépense.
Un investissement économique stratégique
Chaque dollar investi dans la lutte contre le paludisme génère d’importantes retombées économiques, améliore la productivité, réduit les coûts liés aux soins d’urgence et renforce le capital humain. La bataille contre le paludisme devient ainsi le symbole de la capacité du continent à définir ses priorités et à bâtir un système de santé résilient et autonome.
La Rédaction

