La disparition soudaine de Badra Aliou Sacko, figure engagée de la société civile malienne, relance le débat sur les atteintes aux libertés fondamentales dans le pays. Enlevé récemment par des hommes armés non identifiés, cet activiste dénonçait l’augmentation des taxes sur les télécommunications à travers le mouvement Touche pas à mon argent.
Un climat de répression inquiétant
Le cas de Badra Aliou Sacko s’inscrit dans une série d’enlèvements de personnalités critiques envers les autorités. Mahamane Mariko, président du parti Craj Faso Nieta, avait lui-même été enlevé en octobre dernier dans des circonstances similaires avant d’être relâché sous la pression populaire. Cette tendance suscite l’indignation et relance la nécessité de protéger la liberté d’expression.
L’ancien leader estudiantin s’insurge contre ces pratiques :
“Seule la justice doit être indépendante et libre pour juger les citoyens. Tout acte qui se fait en dehors de cela est un acte terroriste et doit être condamné par tous.”
La contestation sociale s’intensifie
La récente hausse des taxes sur la téléphonie et les services de paiement mobile a aggravé le mécontentement dans un Mali déjà marqué par des difficultés économiques, notamment la cherté de la vie et les coupures d’électricité. Le mouvement citoyen de Badra Aliou Sacko était à l’avant-garde de cette contestation, ce qui interroge sur les motivations réelles de son enlèvement.
Silence du gouvernement, mobilisation citoyenne
Alors que les appels à la libération de Sacko se multiplient, le gouvernement de transition reste silencieux. Moctar Sy, du mouvement Génération engagée, souligne l’urgence de préserver les libertés :
“Cette situation nous préoccupe tous. De tels actes nuisent à la dynamique de paix tant recherchée au Mali.”
En l’absence de réactions officielles, l’inquiétude grandit quant à l’évolution du climat politique et social du pays. L’issue de cette affaire sera un test crucial pour l’État malien et son engagement envers l’État de droit.
La Rédaction

