Face à un fardeau sanitaire croissant, l’Union africaine adopte une stratégie multisectorielle pour coordonner la lutte contre les maladies non transmissibles, les traumatismes et les troubles mentaux.
Une réponse continentale structurée
L’Union africaine a franchi une nouvelle étape dans la lutte contre les maladies non transmissibles (MNT) et les troubles de santé mentale. Réunis en février 2026, les chefs d’État et de gouvernement ont endossé un cadre multisectoriel visant à contenir la progression de ces pathologies, désormais responsables de plus de 70 % des décès prématurés sur le continent.
Portée par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), cette « position commune » entend renforcer la coordination des politiques publiques et mobiliser davantage de financements, à la fois nationaux et internationaux.
Un fardeau sanitaire en forte progression
La démarche s’inscrit dans un contexte préoccupant. Les maladies cardiovasculaires et autres MNT dominent désormais la mortalité prématurée en Afrique, tandis que les traumatismes routiers affichent des taux en hausse, avec 26,6 décès pour 100 000 habitants. Parallèlement, les troubles de santé mentale touchent environ 14 % de la population, révélant une crise souvent sous-estimée.
Quatre axes pour une action coordonnée
Le dispositif repose sur une architecture en quatre volets. Il prévoit notamment une plateforme continentale destinée à promouvoir une approche intégrée entre les différents secteurs, ainsi qu’une harmonisation des politiques publiques à travers la « position commune ».
Des plans d’action nationaux multisectoriels devront être élaborés, impliquant des domaines aussi variés que la santé, les finances, l’éducation ou encore le commerce. Enfin, l’Africa CDC sera chargé d’apporter un appui technique aux États, avec un suivi assuré par des outils numériques.
Vers une souveraineté sanitaire renforcée
Au-delà de la réponse immédiate, cette initiative s’inscrit dans une ambition plus large : celle de renforcer la souveraineté sanitaire du continent. Elle s’aligne sur les priorités de transformation des systèmes de santé africains, notamment à travers la digitalisation et la mise en place de mécanismes de financement durables.
En structurant une réponse collective face à des enjeux de santé publique de plus en plus pressants, l’Union africaine tente ainsi de repositionner la prévention et la gestion des maladies non transmissibles au cœur de son agenda stratégique.
La Rédaction

