Au Malawi, la montée des violences visant les personnes âgées sur fond d’accusations de sorcellerie suscite une inquiétude croissante des organisations de défense des droits humains. Selon un récent rapport d’acteurs locaux, plusieurs cas de meurtres ont été enregistrés en quelques semaines, confirmant une tendance préoccupante qui s’inscrit dans la durée.
Une violence enracinée dans des croyances persistantes
Dans de nombreuses zones rurales du Malawi, les accusations de sorcellerie continuent de structurer certaines représentations sociales. Elles sont fréquemment invoquées pour expliquer des événements tragiques ou inexpliqués, tels que des décès soudains ou des maladies.
Les personnes âgées, souvent marginalisées ou vulnérables, deviennent alors des cibles privilégiées. Isolées socialement, parfois perçues comme des charges économiques ou associées à des pratiques occultes, elles sont exposées à des représailles violentes, allant jusqu’au lynchage ou à l’assassinat.
Des chiffres en hausse, une alerte renouvelée
Les données récentes font état d’une augmentation des attaques, avec plusieurs décès enregistrés dès les premiers mois de l’année. Ce rythme pourrait dépasser celui observé l’année précédente, confirmant une dynamique inquiétante.
Depuis une décennie, plusieurs centaines de personnes âgées auraient ainsi perdu la vie dans des circonstances similaires. Les organisations locales parlent d’une crise silencieuse, encore insuffisamment prise en charge au niveau institutionnel.
Une crise aggravée par d’autres formes de violences
Au-delà des meurtres, les ONG signalent également une progression des violences sexuelles visant les personnes âgées, un phénomène encore peu documenté mais en expansion. Cette évolution témoigne d’un climat d’impunité et d’une vulnérabilité accrue de cette catégorie de la population.
Entre traditions, impunité et déficit de protection
Plusieurs facteurs expliquent la persistance de ces violences : le poids des croyances traditionnelles, l’insuffisance des dispositifs de protection sociale et judiciaire, ainsi que la difficulté pour les autorités à intervenir dans des zones reculées.
Les appels se multiplient en direction des chefs traditionnels, des autorités publiques et des organisations de la société civile afin de renforcer la prévention, la sensibilisation et les mécanismes de protection des personnes âgées.
Un enjeu de droits humains
Au-delà du cas du Malawi, cette problématique renvoie à une question plus large : celle de la protection des personnes vulnérables face à des pratiques sociales ancrées. Pour les défenseurs des droits humains, il s’agit désormais de faire reconnaître ces violences comme une priorité, au même titre que d’autres formes d’abus systémiques.
La Rédaction

