L’Extrême-Nord du Cameroun, l’une des régions les plus vulnérables du pays, fait face à des conditions climatiques sévères et à une grande iniquité économique. Cette région, la plus peuplée du Cameroun avec une superficie de 34 246 km², est principalement occupée par des populations vivant de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, qui génèrent plus de 90 % de leurs revenus. Cependant, ces secteurs sont soumis à des défis majeurs.
Le climat semi-aride, intensifié par les dérèglements climatiques, fragilise davantage les conditions de vie des habitants, notamment les petits producteurs. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), les sécheresses successives accentuent la vulnérabilité des communautés rurales, surtout pour les cultures essentielles comme le mil et le coton.
Si la culture du mil reste destinée à la consommation locale sous diverses formes, le coton est quant à lui destiné à l’exportation. Cependant, la culture cotonnière est marquée par une organisation monopolisée par la Société de Développement du Coton (Sodecoton), qui impose les prix de vente sans consulter les producteurs. Ce système réduit les revenus des cultivateurs, les laissant souvent dans une précarité persistante.
Saïdey Ardey, un cultivateur de mil, raconte les étapes laborieuses de cette culture, depuis la préparation des champs jusqu’à la récolte. Les cultivateurs doivent faire face à des coûts élevés pour les intrants agricoles, ce qui pèse lourdement sur leurs maigres ressources. En dépit de leur travail acharné, les cultivateurs de cette région subissent une faible rémunération, souvent bien en deçà de ce qu’ils mériteraient.
La pauvreté est endémique dans cette région, avec des taux élevés selon la dernière enquête nationale. La Sodecoton, en tant qu’acteur majeur de l’industrie cotonnière, continue de définir un modèle économique qui laisse peu de place à l’équité et à la justice pour les cultivateurs locaux. Dans cette lutte acharnée contre la pauvreté, ces producteurs font face à un double défi : celui de la nature et celui d’un système économique qui ne leur offre pas de retour équitable pour leurs efforts.
La Rédaction

