Makoko, souvent surnommé la « Venise de l’Afrique », est l’un des quartiers les plus connus de Lagos, capitale économique du Nigeria. Situé sur les rives de la lagune, il est majoritairement construit sur pilotis et abrite une communauté de pêcheurs vivant dans des conditions précaires depuis plusieurs décennies. Cette singularité architecturale et sociale en fait un symbole de la vie urbaine informelle, mais aussi un point de tension face aux projets de modernisation de la métropole.

Le gouvernement de l’État de Lagos a annoncé un plan de régénération estimé à 10 millions de dollars pour transformer Makoko en une « ville sur l’eau » moderne. L’État apportera 2 millions de dollars, et les Nations Unies pourraient compléter jusqu’à 8 millions de dollars. Le projet vise à moderniser les infrastructures, améliorer la sécurité et offrir un cadre de vie plus stable aux habitants. Toutefois, il n’a pas encore été lancé sur le terrain.
Les récentes démolitions menées dans le quartier ont laissé de nombreuses familles sans abri, suscitant l’indignation et des manifestations locales. Les habitants réclament des compensations pour les biens détruits et dénoncent l’absence de consultation et de relogement. Selon les autorités, ces démolitions sont nécessaires pour la sécurité publique, la protection des infrastructures et le respect des normes d’urbanisme. Les organisations de la société civile, elles, parlent d’« urbanisme anti-pauvres », mettant en lumière un conflit classique entre développement urbain et droits des populations vulnérables.

Makoko illustre ainsi les défis de Lagos : concilier modernisation rapide, sécurité et infrastructures modernes tout en respectant les communautés historiques vivant dans des conditions informelles. Le quartier est devenu un symbole de ces tensions, où chaque projet de développement s’accompagne de débats sur justice sociale, droits fonciers et inclusion des populations marginalisées.
La Rédaction

